LA LOGETTE DE REFUGE
OUASIMODO.
Je m'en vais. Je réussirai peul-ètro mioiix uno autre fois.
LA esmehai.da.
Une autre fois, j'irai moi-inèinc.
OUASIMODO, sarn-lanl.
Je crois entendre que vous dites qu'une autre fois vous irez vous-inèine à cet homme. Oh! non, ne faites pas cela! D'abord, on vous reprendrait, si vous sortiez d'ici. Et puis, si vous le trouviez, vous soulïriricz trop!
LA ESMERALOA.
Ail! lu l'as donc vu?
Je l'ai vu. J'aurais voulu p;arder toute la douleur pour moi. Mais c'est la vérité qu'après m'avoir fait bien attendre, il m'a reçu.
Il était seul?
LA E S M K n A L D A .
Non, il était avec une jeune fille et une femme plus âgée. J'ai dit qu'il y avait quel(|u'un (jui voulait lui parler. J'ai compris que la jeune me demandait qui c'était. J'ai répondu qu'il verrait bien. Là-dessus, elle l'a regardé avec dépit, cl lui, il m'a parlé avec emportement. II tenait la main de la lille en se justilianl à la mère, et, tout furieux, il m'a chassé.
LA ESMKRALDA.
Aussi, pourquoi l'aborder devant des étrangers? S'il avait su (pi'il s'agissait de moi! Ah ! quand je le verrai seul!...
IJ U A s I M 0 D O .
Mon Dieu! il faut donc vous avouer tout. Eh bieu , écoulez. Je l'ai guetté sur la place. U est sorti seul. J'ai pris hardiment la bride de son cheval, et je lui ai dit que c'était une femme qui l'attendait, une femme dont il est aimé. Et alors, — oh! vous allez encore vous fâcher! — il m'a répliqué je ne sais quelles injures... — Ce n'est vraiment pas ma faute ! — Je lui ai dit : C'est l'Égyptienne que vous savez, c'est la Esmeralda! Et il m'a asséné de .sa botte un coup dans la poitrine... Je vous demande bien pardon!
LA ESMERALOA, joii^nant les m.uns.
Oh! Phœbus! — Allez, mon ami, c est bien; je vous remercie.
(J u A s I SI o D 0 .
Ah! vous ne m'en voulez pas! vous êtes bonne I — Mais, par pitié, ne vous faites pas trop de peine!
LA KSM K 11 \ LDA .
-Non; allez, laissez-moi.
OUASIMODO.
Adieu. Ne soyez pas trop triste, je vous en supplie!
(Il sVloiftno, puis revenant sur ses i»s.) Ail! teUCZ, si VOUS aVeZ
besoin de moi, vous sifflerez avec ceci, (ii lui remet un simet.) J'entends ce bruit-là. (ii soit par la gauche)
LA ESMERALDA, seule.
Phœbus! mon nom, mon nom seul l'épouvante! Ah! c'est à désespérer! Mais non! que je le revoie une seule fois, une seule minute, il ne faudra qu'un mot, qu'un regard pour le détromper, pour le ramener!
(Elle se dirige vers sa logette, et trouve devant elle Claude Frollo. qui est entré sans bruit par le fond.)