‹ Notre Dame de ParisChapitre 67 sur 76 · ONZIÈME TABLEAU · texte numérisé non relu

ONZIÈME TABLEAU

l.i: l'KTIT SOUI.IEI!

Sur 11 place de Giève. A .Iroile. lintéricai' dola toIIqIb .le la Tuui-Holuml ocvipe le liins do la smoe- le mur ou sV.utie U lucarne fermée par dos bane eu pi-oix, e^l vu .iblic|iiemenl. de iirolil. l.u idare ocruj.e les deux outres tiers du Ihaire.

SCÈNI-: PUKMIEHK

Clameurs luuilaiues, hinilrfe toi'sin. Il fait enfore nuil. mais laul)e hiaucliil par deçii-s.

LA S A GUETTE, s.-uu,

(Elle est pourliée sur la paille; un pavé lui sert d'oreiller.)

0 ma fille, ma fille! ma pauvre ciière petite enfuut, je ne te verrai donc plus! c'est donc fini! Il me semble toujours que cela s'est fait hier. Mon Dieu! mon Dieu! |iour me la reprendre si vite, il valait mieux ne pas me la donner. — Ali! misérable que je suis d'être sortie ce jour-là! — Seigneur, Seigneur! ]iour me l'oler ainsi , vous ne m'aviez donc jamais regardée avec elle, lorsque je larécliaulTais toute joyeuse à mon feu, lorsqu'elle me riait en me tétant , lorsque je faisais monter ses petits pieds sur ma poitrine jusqu'à mes lèvres? Oh ! si vous aviez regardé cela, mon Dieu, vous auriez eu pitié de ma joie ; vous ne m'auriez pas ôté le seul amour qui me restât dans le cœur. Étais-jc donc une si misérable créature. Seigneur, que vous ne pussiez me regarder avant de ine condamner? -^ Hélas! hélas! voilà le soulier; le pied, où est-il? où est l'enfant? — Ma fille, qu'ont-ils fait de toi, ces vampires d'Egypte? Seigneur, rendez-la-moi. Mes genoux se sont écorchés quinze ans à vous prier, mon Dieu! est-ce que ce n'est pas assez? Rendez-la-moi un jour, une heure, une minute; une minute. Seigneur, et jetez-moi ensuite au démon pour l'élernité. Poiivcz-vous condamner une pauvre mère ;'i ce supplice de (|uiuze ans ! lionne Vierge du ciel! mon enfant Jésus à moi, on me l'a pris, on me l'a volé, on l'a mangé sur une bruyère! — Ah! ma lille! ma lille! il me faut ma lille ! Qu'est-ce que cela me fait qu'elle soit dans le paradis? je ne veux jias de votre ange, je veux mon enfant! je suis une lionne, je veux mon lionceau! — Tant pis si je blasphème! je ne suis, moi , qu'une vile pécheresse. Mais ma fille me rendait pieuse. J'étais pleine de religion pour l'amour d'elle, et je vous voyais, mon Dieu, à travers son sourire comme par une ouverture du ciel. — Oh! que je puisse seulement une fois, encore nue fois, une seule fois, chausser ce soulier à

son joli pelil pied rose, et je meurs, bonne Vierge, eu vous bénissant!... — Ah! quinze ans, elle serait grande maintenant. — Malheureuse enfant ! quoi ! c'est donc bien vrai, je ne la verrai plus, pas même dans le ciel! car, moi, je n'irai pas. Oh! quelle misère! dire que voilà son soulier et que c'est tout !

SGENK II

lointaines de eombat reeommencpnt. — Entrent par la

droite en .curant CLOPIN T R 0 U I L L EFO U, M A T H I AS.

CHANTEPRUNE, et .im, ou six truands. IH portent le eorps .le J.-lian Fiollo.

CLOPIN TROUILLEFOU

Arrêtons- nous pour respirer un instant, (a waiiiias.) — Toi, cours voir si notre passage par la rue de la Mortellerie est libre. (Matiuas sort.) Pauvre camarade Jehan! est-ce qu'il respire encore?

cil ANTEPRDNE.

Non, maiire. Il est mort.

CLOPIN TROUILLEFOU

Précipité par Quasimodo du haut de la grande galerie de Notre-Dame! — Ah! ce Quasimodo! pourquoi donc a-t-il défendu son église contre notre assaut avec ses grosses pierres et son plomb fondu? dringoire disait qu'il voulait, comme nous, sauver la Esmeralda.

CHANTEPHUNE.

Il n'était pas prévenu, et il n'a pas compris. Il est sourd, et il n'a pas entendu.

M A T u I A s , revenant.

Le passage est libre.

CLOPIN TROUILLEFOU

Vile! vile! Voici là-bas les archers du capitaine Phœ-

buS. Vite! (ils soilent pur la Bam'lie, emportant le cadaviede Jehan.)

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