‹ Notre Dame de ParisChapitre 68 sur 76 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Paraissent à langlo .le la pl.ire GHIN'(!OIRE ion.lui>aiil

LA ESMERALDA; derrure eux, CLAUDK KROI.LO,

enTeloppé de son manteau noir à capuchon.

GRIN'GOinE à demi-voii, à Clau.le Frollo.

Venez, venez, mon révérend maître. Les gens du roi arrivent. Mais vous avez tout ]iouvDir pour faire lever les chaînes des rues. — C'est éjjal, vous avez eu tort de nous empêcher d'avertir Qiiasiiiiodo. — Qu'est-ce que c'était dbnc que ce pauvre petit diable que votre sourd a jeté par-dessus la rampe de la galerie des rois?

CLAUDE F Fl 0 I. L O , tressaillant.

Je ne sais. — Va, va. retourne au bateau, (r.ringnire

Ta pour s'éloigner.)

LA K^MK.n.VLDA.

Gringoire! vous nous quittez?...

GRINGOIRE

Je reviens, je vais au bateau pour chercher Djali.

LA KSMERALDA.

Mais avec qui me laissez-vous?

GHINGOIRE.

Oh! avec un ami qui vous est dévoué, soyez tranquille! (U sortTiTement.)

LA ESMERALDA, le rappelant.

Gringoire!.. . (a ciau.ie Froiio.) — Où sommes-nous? Qui

éteS-VOUS? (Clau.ie Frollo lève sa carapoue.) Oll... oll ! je m'en

doutais que c'était encore lui !

CLAUDE FROLLO, il'une Toix briive, rapide et saccadée.

Écoule. Ceci est la Grève. Là, tu vois le gibet public. C'est ici un point e.xtrème. La destinée nous livre Tun à l'autre. Je vais décider de ta vie , toi de mon âme. —

(Mouvement de la Esmeralda.) N'oUVre paS la boUclie, ne me

parle plutôt pas, si c'est pour me répéter i|ue tu me liais. Je suis décidé à ne plus entendre cela! — Qu'i'slce donc ([ue je disais?... Ah! — Il y a un arrêt du p;irlement qui te rend à l'éclialaud. Je viens de te tirer de leurs mains. Mais les voilà (jui te poursuivent, (ciameu.»

confuses au loin : lÉK.vplicnno' Mort! mort!) Klllends leUl'S Cris :

Mort à l'Égyptienne ! Moi je l'aiiue. .le puis ti' sauveitout à fait. J'ai tout préparé, (j'est à tui de vouloir.

Comme tu voudras je pourrai... (Sinlcrrompam ïiolcmmcnl.l

Non, ce n'est pas cela qu'il tant dire. (La prenant de la

nain gauche, et lui montrant de la droite un point sur la plare.) Le

gibet, tu le vois. Choisis entre nous deux.

LA ESMERALDA, passe dri-ant lui et va du riït6 du Ribel.

Il me fait encore moins horreur que vous.

CLAUDE Fnol.I.n.

Ah I tu le vcu.v! lu l'auias! — Llle me haiia donc

toujours! — (il la sasit par la main et fait un pas ver» la .illul,.

lie la sniheite.) Viens ! je vais, en attendant, te donner à garder à qui te hait aussi.

LA ESMERALDA, se .légat-oanl avec terreur.

A cette femme! non! non! pas à celle femme !

CLAUDE FROLLO

Suit ! mais alors ne soyez donc pas, vous, si implacable!... Quoi! je me jetterais à vos genoux! quoi! je baiserais, non vos pieds, vous ne voudriez pas, mais la terre qui est sous vos pieds , quoi ! j'arracherais de ma poitrine, non des paroles, mais mon cœur et mes entrailles, pour vous dire que je vous aime, tout serait inutile, tout! vous la bonté, la tendresse, la clémence, vous qui êtes rayonnante de la plus belle douceur... vous n'avez de méchanceté que pour moi, pour moi

seul ! [Il passe ses mains sur ses joues et regarde sps mains avec

stupeur.) J'ai pleuré! — Hélas! tu m'as regardé froidement pleurer. Enfant! sais-tu que ces larmes sont des laves! — Oli! un mot de pardon! dis un mot! rien

l|ll'nn mol ! (ll se jette a se? pieds )

LA ESMERALDA

Vous êtes un assassin !

CLAUDE FROLLO se relève et lui reprend violemment la main

Eh bien, oui, assassin! et tu vas mourir! (n u traîne

vers la cellule.)

LA ESMERALDA, avec épouvante.

Pas là ! non ! non ! pas là !

CLAUDE FROLLO

Une dernière fois, veux-tu être à moi?

LA E s M E R A L D A , ferme et Hère.

IN on.

CLAUDE FROLLO, appelant.

La Sachelte!

LA SA Cil ET TE, se dressant.

Que me veut-on?

CLAIDE FROLLO.

Voici l'Égyptienne! venge-loi!

LA SACUETTE élcnd le linis hors de li lucarne et saisit parle pcdsnct la Esmeralda.

Ild ! l'Kgyptienne.

CLAUDE FROLLO

Tiens bien ! Ne la kUlie pas. Je vais chercher les gens du mi. Tu la verras pendre, (il séioigne a grands pas.)

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