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quatre cents de longueur. Il est environné de fossés à doubles portes. La première est. comme suivie d’une longue allée qui aboutit à la seconde, et cette allée court à travers un petit pré planté d’arbres. La seconde est fortifiée, munie d’un pont-levis, portant, sur son arcade, une haute tour à l’antique. Cette seconde porte passée, l’on entre dans une grande cour, et de là, dans les cloîtres. Il y en a un qui côtoie, d’une de ses ailes, tout un côté de l’église Notre-Dame et conduit à la porte d’icelle;
à l’autre aile, qui est à l’opposite, se trouve un
autre cloître pour les religieux, et, à la suite d'icelui, l’église Saint-Martin affectée à leur usage afin d’y chanter l'office divin, ni plus, ni moins que les religieuses. De l’autre côté de l’église Notre- Dame est le grandycloître des sœurs, sur lequel donnent leurs chambres d’assemblée, et au-dessus duquel se trouvent leurs cellules Tout le monastère est environné de quinze tours. Il y a aussi une fontaine au milieu d’icelui. Les murailles
dela clôture sont tout de pierres de taille, et de vingt="
cinq pieds de haut, quatre eschauguettes aux qua-
tre coins, et de cent pas en cent pas une tour.…
Ceux qui travaillèrent puissamment à ces grands
bâtiments furent, entre tous les autres, frère Raymond Cathala et frère Arnaud Séguier. Ceux qui les précédèrent en la charge de Prieur avaient fait les achats de places et des terrains. »
À l’aide des quelques renseignements — trop
peu nombreux, hélas — que nous fournissent les
Actes de la visite canonique de 1340, faite par le
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RS Le
Provincial de Toulouse, Pierre Gui, nous péné-
trerons dans l’église Notre-Dame et dans le cloître des sœurs, sans vouloir, cependant, essayer d’une restitution que les Actes n’esquissent même pas. Quelques indications sommaires, et ce sera le peu que nous en ayons recueilli.
Le rite et la coutume au xine siècle voulaient que les églises regardassent l’Orient; et comme le chœur suivait à la nef, celle-ci était à l'Occident. Selon les lois qui présidaient, à cette époque, à la construction des monastères, le cloître des moniales tenait à l’église du côté de l’évangile; au côté gauche, du côté de l’épitre, où se trouvait une porte, s'élevait l’hôtellerie où l’on recevait les parents et les amis des sœurs. C’est là que se trouvait le couvent des frères.
Quelle était la forme de l’église Notre-Dame? Avait-elle un transept, comme après sa reconstruction, au x vire siècle, sur les plans de Mansart imposé par le Roi? avait-elle deux nefs divisées par des piliers, à l’instar de l’église des Jacobins de Toulouse bâtie à la même époque, ou bien une seule terminée par trois petites absides, comme à Car-
» cassonne? Pierre Gui, dans les Actes de sa visite,
ne mentionne que le sanctuaire, le chœur des
moniales et la nef réservée au public.
Le chœur t était séparé du reste de l’église par une grille qui permettait aux moniales d’assister