‹ Notre=Dame de ProuilleChapitre 35 sur 81 · AN SU · texte numérisé non relu

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prouve l'identité entre la chapelle du cloître et Péglise Sainte-Marie de Prouille.

En 1521, le P. Adrien de Milly, commissaire du général de l’Ordre, Valentin de Loaysa, vint à Prouille pour visiter le monastère, le couvent des Frères, et celui de Fanjeaux. Dès son arrivée, le 11 septembre 1521, il réunit dans l’église Notre- Dame, devant la grille qui séparait le chœur des religieuses du reste de l’église; et devant le Provincial de Toulouse, Jean de Fenerio et le sénéchal de Carcassonne, il fit lire ses patentes de visiteur. Et post hec, ego frater Adrianus de Milly, vicarius ut supra, convocavt fratres et sorores jJuxtä MAJOREM FENESTRAM prefate ecclesie sororum, et existentibus fratribus EXTRA CLAUSURAM, dempto prenominato domino senescallb et suo cappellano, in presentia ejusdem reverendi provincialis, patentes litteras ejusdem reverendissimi Ordinis legere feci, deinde, prenominato domino senescallo, patentes Regis lüteras obtuli, quas et ipse legere jussit 1.

C’est évidemment dans l’église Notre-Dame, devant les grilles du chœur, que ces patentes furent lues. Et l’église était en dehors de la clôture, extra clausuram.

Le lendemain, 11 septembre, Adrien de Milly intime à la prieure Jeanne de Séverac, sa volonté

4. Actes de la visite faite au monastère de Prouille, par le P. Adrien de Milly, 1521. — Original, Archives de l'Aude. H. 336 (carton). Cf. Doînel : Znventaire des titres du monastère royal de Notre-Dame de Prouille, Labau, Carcassonne, 1899, p. 26 et sq.

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d’entrer dans le chapitre des sœurs. Il pénétra

d’abord dans l’église, puis dans le chapitre; il visita l’infirmerie et les lieux réguliers. Le 16, le Provincial de Toulouse, escorté par un grand nombre de frères, le rejoignit à la grille de la grande église des sœurs et lui présenta ses observations sur la visite.

Après diverses péripéties et difficultés probablement occasionnées par la manière forte, manu forti, qu'avait cru devoir employer le P. de Milly, celui-ci, le 27 octobre, promulgua au chapitre ses ordonnances. En face de certaines résistances, il visita de nouveau les lieux réguliers le 4 novembre. Plusieurs religieuses s'étaient enfermées dans l’église et y chantaient. Le visiteur les fit appeler au chapitre. Aucune n’obéit. Elles ne voulurent même pas sortir pour le repas. Le P. de Milly,. craignant leurs violences contre la Prieure qui acceptait la Réforme, fit fermer la porte du dehors de l’église. Puis, plusieurs cellules ayant été préparées pour les récalcitrantes, il alla frapper à la

porte de l’église. La sœur de Curamont n’ouvrit que sur un précepte formel et s’enfuit au chœur. Le

commissaire l’y suivit et trouva environ 18 sœurs qui s’y cachaient. Il les réprimanda doucement, en peu de mots, et les fit enfermer dans les cellules. Cette église, plus petite que la grande église des sœurs, dans laquelle se tiennent enfermées des religieuses, qui s’ouvre devant le Visiteur, qui communique, enfin, par une porte intérieure, avec le chœur, n’est évidemment pas la même que

l’église Notre-Dame, située en dehors de la clô-

ture. Il y avait donc, en 1521, dans le monastère de Prouille, deux églises : une grande, l’église Notre-Dame, en dehors de la clôture}; une petite, dans la clôture, où les sœurs pouvaient se tenir et prier. Cette dernière avait deux portes : l’une intérieure, par laquelle on pénétrait dans le chœur, l’autre, donnant sur l’extérieur de la clôture, se fermait du dedans et du dehors pour assurer la clôture des sœurs quand elles s’y rendaient; s’ouvrait du dehors et du dedans, quand le prêtre y entrait pour dire la messe à laquelle les sœurs assistaient ‘ de derrière la petite grille qui séparait le chœur de la petite église.

C’est notre chapelle du cloître. C’est l’église Sainte-Marie de Prouille que J. de Réchac nous dit exister encore de son temps, au xvue siècle. Le terme église toujours employé par le P. de Milly, pour la désigner, le prouve suffisamment sans qu’il soit nécessaire d’insister.

Il y avait donc, au monastère de Prouille, une . chapelle du cloître, qui n’était pas autre que l’église Sainte-Marie de Prouille, dans laquelle saint Dominique avait prié, passé des nuits entières, et où il avait fondé son Ordre.

Cambefort relate aussi l’existence, dans le monastère de Prouille, d’un autel du Rosaire. Il le fait dans un récit analogue à celui des sœurs de Vignères, où il raconte que deux autres religieuses

1. Acta visitationis, 1348. Cf. J. Guiraud, De Prulianensi monasterio, p. 126. sq., fol. 33, col. 1, 3.

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de Prouille, en 1321, demandèrent et obtinrent d'ignorer réciproquement la mort l’une de l’autre. Cette prière, elles la firent devant l’autel du Rosaire qui, à cette époque, se trouvait érigé au monastère de Prouille.

L'an mil trois cent vingt et un, et du temps que sœur Galgarde de la Perroze estait prieure de Prouille, les deux sœurs Antoinette et Jeanne de Belcastel estant en fervente prière devant l'autel du Rosaire que l’on voit encore à présent.

Cambefort, en sa qualité de « prêtre obituaire » de l’église de Fanjeaux, authentique lui-même son récit. Il a lu au registre du Monastère, l'indication du décès de ces deux sœurs qui suppliaient la glorieuse mère de Dieu de leur despartir ceste grâce et faveur qu’elles ne vissent point la mort l’une de l'autre. Cette grâce leur fut accordée veu qu'après quelque temps venant à mourir, lorsqu'on portait le corps de l’une à l’église pour l’ensevelir, l’autre rendit l’âme à Dieu, sans que l’une seut de l’autre. Et il ajoute : Comme est rapporté au Registre dudit monastère : obierunt eodem die Sœurs Jeanne et Antoinette de Belcastel.

Dans la liste des Prieures du monastère de Prouille ? nous lisons le nom de sœur Gailharde de la Peyrosse, comme Prieure en 1320 et 1321, ce

- 1. Histoire du monastère de Prouille, par une religieuse

- de ce monastère, p. 423. L’auteur nous avertit qu’elle a

- constitué ses listes des Prieurs et des Prieures de Prouille, du xt et xrve siècles, d’après B. Gui; du xiv® au xrx* siècle, d’après Cambefort.

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