‹ Notre=Dame de ProuilleChapitre 52 sur 81 · RS SUR · texte numérisé non relu

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faire changer à leur maison, et de disposer, malgré elles, de leurs biens pour les appliquer à des usages tout à fait différents de ceux pour lesquels ils ont été donnés.

« Au surplus, si l’on regardait l’établissement d’un chapitre noble comme un soulagement pour la noblesse de la province, et si l’on nese proposait d’autres motifs que de lui procurer cet avantage rien n’empêcherait de l’établir ailleurs qu’à Prouille, en laissant subsister ce monastère dans l’état où il est. Ce serait une double ressource pour les demoiselles de la Province; celles qui seront appelées à l’état religieux se refugieront à Prouille, et celles qui ne voudront point prendre d'engagements entreront dans le nouveau chapitre.

« Détruire l’ancien établissement sans nécessité pour y substituer le nouveau, c’est priver les premières d’un avantage que le nouvel établissement ne saurait leur procurer, et donner lieu de craindre que cette destruction ne favorise et n’autorise ceux qui sont enivrés de cet esprit de destruction et d'opposition aux vœux et à l’état religieux, qui n’est malheureusement; aujourd'hui que trop répandu. el

"« Si le Roy désirait néanmoins que les religieuses de Prouille se consacrent d’une manière

… plus particulière qu’elles ne l’ont fait jusqu’à pré-

sent à l’éducation des jeunes demoiselles, ces reli-

. gieuses se feraient un devoir de correspondre à ces

ñobles et pieuses intentions; elles osent dire qu’elles

moins à des religieuses de changer d’état ou d’en

LE NDE

y seront beaucoup plus propres en conservant leur

état que ne le pourraient être des dames qui ne

seraient point engagées par des vœux. L’illustre maison de Saint-Cyr en est un exemple bien frappant; l’éducation des demoiselles y fut d’abord confiée à des dames qui n'étaient point engagées par vœux; mais les inconvénients qui en résultèrent forcèrent bientôt de ne la confier qu’à des religieuses, et d’ériger cette maison en none tel qu’il est aujourd’ hui. »

Ce mémoire nous dit exactement ce que 5 moniales de Prouille pensaient du projet du Lomenie de Brienne. Une « lettre d’un gentilhomme à une dame du monde de ses amies » nous révèle l’opinion de la noblesse du Languedoc à l’endroit de ce même projet. Tout en y mettant des nuances

et en appuyant sur un argument que des religieuses

ne pouvaient qu'indiquer, on ne lui est pas plus favorable; on le condamne nettement. D’après ce gentilhomme, le monastère de Prouille « qui distingue si glorieusement notre province du Languedoc » deviendrait, si on réalisait le projet, « une retraite enchantée » où l’on donnerait cours aux passions de la jeunesse. Et, malgré tous les adoucissements, ce serait quand même « une prison » d’où les agrégées voudraient sortir à tout prix, au grand préjudice de leurs familles. Et ce

gentilhomme insiste sur ce point: « que tout éta-

blissement, quel qu’il soit, doit avoir nécessaire-

ment pour base la naissance et l’honnêteté des

mœurs...

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