STONES
vives alarmes sur les suites et les inconvénients fâcheux qui en seraient inséparables.
« Engagées par des vœux irrévocables à vivre
selon l’observance de la Règle de saint Augustin
et des Constitutions de saint Dominique, elles ne croient pas pouvoir, sans prévarication, consentir à violer leurs vœux et à changer d’état.
« Elles croient pareillement n’avoir pas le droit de consentir à un pareil changement d’état pour celles qui leur succéderont. Chargées d’exécuter les pieuses intentions de leurs fondateurs et simples dépositaires du bien qu’ils leur ont laissé à cet effet, elles croiraient se rendre coupables, si elles consentaient à la destruction de l’état religieux dans leur monastère, même après leur mort, et à ce que des biens consacrés pour cet état, fussent appliqués à tout autre usage.
« Sans examiner si un chapitre de chanoinesses qu’on ne connaît point en Languedoc, ou celui d’une communauté religieuse dont on ne trouve nulle part le modèle, peut être d’un certain avantage pour la noblesse de cette province, on ne peut se dissimuler que si cet établissement avait lieu dans Prouille, les anciennes religieuses ou celles qui seraient reçues d’après le nouveau plan seraient exposées à perdre bientôt l’esprit de leur état; que les dames agrégées ne porteraient dans la maison ou n’y entretiendraient qu’un esprit mondain et profane; qu’elles n’y trouveraient qu’une occasion d’y vivre à leur fantaisie, de se livrer au monde et d’être exposées à mille dangers.
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« Il est d’ailleurs certain que l’établissement, soit d’un chapitre noble, soit d’une communauté religieuse, telle qu’on l’a décrite, serait infiniment moins avantageux pour la noblesse du pays, que le monastère de Prouille tel qu’il est aujourd’hui. Les dames agrégées, qui ne feraient point de vœux, demeureraient toute leur vie à charge à leur famille, jouiraient de leur patrimoine, seraient habiles à succéder, pourraient contracter des dettes qui mettraient leurs parents dans un grand embarras; et enfin nuiraient beaucoup à l’établissement de leurs autres frères ou sœurs par | l’état incertain où elles se trouveraient toute leur vie. Les quarante religieuses que le monastère de Prouille est, ou #era bientôt en état de recevoir gratuitement, seront d’une ressource bien plus sûre et plus avantageuse pour la noblesse, et comme on n’y exige point de degré fixe, ni de preuves rigoureuses, l'avantage s'étend à un bien plus grand nombre de demoiselles, que lorsqu'il faudra prouver trois cents ans, ce que nombre de familles, quoique bonnes d’ailleurs, auront de la peinesà faire.
« Quelque idée avantageuse que l’on se formât d’abord des nouveaux projets, il est certain que: les principes de la justice et de l’équité, les canons * et l’esprit de l’Église; les lois du Royaume et les Ordonnances de nos Roys ne permettraient pas de détruire un monastère régulier qui ne fournit aucun motif de destruction, ni pour le spirituel, ni pour le temporel; qu’elles permettraient encore
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