Procès-verbal de l’adjudication. Archives de l’Aude
des fortunes si rapides que d’aucuns donnaient le conseil d’attendre. On alla même jusqu’à espérer que le monastère et ses propriétés attenantes suffraient à la construction d’un village.
Mais non! Destrem qui, au conseil départemental, avait fait émettre le vœu qu’on fit de Prouille ne maison de retraite pour les religieux de l’Ordre de saint Dominique déclara qu’il avait acheté le monastère pour le détruire et en vendre les matériaux. D’autres couvents avaient été vendus, aucun ne fut détruit! Celui de Caunes est habité par plusieurs familles et son église rendue au culte. Celui de Montolieu est une maison de retraite. Et Prouille, le plus beau de tous, pour satisfaire la haine des révolutionnaires, fut anéanti!
On vendit séparément une muraille, une tour, un escalier, une toiture, c'était immense! Le vieux couvent, le nouveau, l’église ancienne et la moderne, toute la clôture! Dans les villages voisins comme dans la campagne, de grandes maisons ont été ainsi construites. On replaçait les pierres et les sculptures dans l’ordre qu’elles occupaient auparavant. Une rue de Toulouse — assure-t-on— fut presque entièrement reconstruite avec des matériaux pris à la «carrière de Prouille ». à
Cette carrière au bout de quelques années s’épuisa. Les arbres séculaires furent arrachés et : vendus, la charrue creusa et bouleversa le sol, le foin et les blés y germèrent et du roc de Fanjeaux on ne vit plus bientôt que l’immense plaine comme agrandie et devenue déserte. De Prouille dont on