‹ Notre-Dame de Recouvrance de Québec [microforme]Chapitre 3 sur 3 · LA TETE EN · texte numérisé non relu

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2, Qu'elle s’étendait, vers l'est jusque vis-à-vis la rue du Fort ;

3. Qu'elle avait en superficie environ deux tiers d’arpent, ou 10 perches sur 6 de profondeur, puisque, après la donation de Couiilard, elle contenait environ 140 perches (1). Elle devait avoir celte étendue pour le moins ; car la profondeur nous est donnée, à très-peu de chose près, par l'ancienne clôture de Couillard (mesurage de Martin Boutet, 1667), et l’acte de Réserve, cité en premier lieu, donne à entendre assez clairement qu'elle s’étendait de ce côté au moins jusqu’à l'alignement de la rue du Trésor. C'est aussi ce que semble indiquer le plan de Québec de 1660, tout en orientant ce terrain sur l’église nouvelle et sans tenir compte des acquisitions que la fabrique venait de faire ; car il termine l’enclos du presbytère et de la paroisse aux chapelies latérales, à peu près vis-à-vis la rue du Trésor.

Un examen attentif des trois documents dont nous venons de donner la substance, nous conduit donc à cette conclusion : que la terre de l'Eglise était la partie du terrain actuel qui s’étendait depuis le pignon est du presbytère, ou environ, jusque vers le centre de l'église d'aujourd'hui.

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Un dernier point reste à éclaircir: savoir, comment était orientée Notre-Dame de Recouvrance ? Elle n'était pas exactement à la même place que la Cathédrale ; mais était-elle du moins dans le même sens ?

Si l'incendie de 16%0 n'avait pas réduit en cendres et les archives de l'Eglise et les papiers du Greffe, nous y trouverions Sans doute quelque lumière. Mais, sans document positif, sans carte, sans plan, üi semble difficile, pour ne pas dire impossible, de résoudre cette question.

Cependant une étude attentive des premiers titres

(1) Nous ne donnons ces chiffres que comme approximat'fs, nos cal. culs ayant été faits sur des plans que nous n'oserions garant'r en tous points ; cependant ils ne peuvent être bien éloignés do la réalité.

de concessions nous inclinait à croire que cette église avait dû être située dans une direction à peu près parallèle à la rue de la Fabrique, et que par consé. quent l’église actuelle faisait un angle considérable avec l’ancienne,

PREMIÈRE RAISON : la direction qu'avait la rue Buade à l’époque de la Réserve du 10 janvier 16%9. Il est dit dans l'acte que le chemin qui est entre la dite terre et la terre de l'Eglise « court nord-ouest et sud-est, » c'est-à-dire, dans un sens à peu près parallèle à la rue de la Fabrique,

SECONDE RAISON : la direction de l’ancienne clôture de Couillurd. Elle était également dans le sens de la rue de la Fabrique, d’après le plan du mesurage de Boutet, en date du 14 septembre 1667, où i! fait remarquer qu'il a suivi dans sa triangulation «les anciennes clôtures qui y étaient ci-devant. »

Notre-Dame de Recouvrance, située entre ces deux lignes pareillement inclinées, était donc tout probablement dans le même sens, c’est-à-dire, nord-ouest et sud-est, comme la rue de la Fabrique.

TROISIÈME RAISON : les nouveaux alignements donnés aux Jésuites en conséquence de la nouvelle position de l'église. M. de Montinagny, qui avait d’abord en 1646 fait borner et aligner le terrain des Jésuites (où sont aujourd’hui les Casernes) dans le sens de la rue de la Fabrique, fit relever les bornes en 1648, pour donner à l’emplacement du collége qu’on allait y bâtir, une

osition en harmonie avec la nouvelle orientation de ‘église, que l’on construisait alors, « Depuis avoir signé le présent acte, dit-il, l’église ayant été placée au lieu où elle est, nous avons jugé à propos de donner d’autres alignements et bornes aux dits RR. Pères de la compagnie de Jésus, pour placer leur maison.» (1) Et les nouveaux alignements sont est et ouest, nord et sud, comme l’uglise nouvelle. *

Ces raisons, nous paraissaient si concluantes, que nous conçümes dès lors l’espérance de retrouver

(1) Etude de Tronquet, Concess. aux PP. Jésuites du 24 juillet 1646 et du 16 juilleë 1618, è

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sous terre quelque chose de cette église primitive. Si nous trouvions une fondation formant un angle notable avec la Cathédrale, nous avions du coup un moyen de déterminer la position exacte da Notre- Dame de Recouvrance, ot une preuve de la justesse de nos caleuls, car, depuis la construction de l’église actuelle, toutes les bâtisses et dépendances ont toujours été, du moins sur ce terrain, en harmonie avec la nouvelle orientation.

Nous ouvrimes donc une petite tranchée en arrière du Presbytère. Notre empressement nous coûta queiques sueurs ; la terre, encore gelée, nous faisait croire à chaque instant à l'existence de quelque maçonne ; etle pic finissait par défoncer, et ne rapportait que de la terre mêlée ou des vidanges. Le souper sonne ; il faut attendre au lendemain. Franchement, Ja nuit nous parut longue. Enfin, jeudi matin, 22 avril, le soleil se lève radieux, comme pour annoncer une découverte. En attendant que mion homme eût fait son marché, je m'amusais à faire des plans, à interroger là cathédrale, le nresbytère, à niveler, à arpenter ; enfin, de désespoir, je prends moi-même la bêche. J’allais l’enfoncer impitoyablement dans une plate-bande ; lorsque la pensée me vint que je pourrais creuser à côté, sans faire de dégat, et avec égale chance de succès. Au bout de quelques minutes, je tombe sur de vieux mortier à moitié désagrégé. Vite, le parement. Voilà qu’une pierre se dresse, puis une seconde, puis une troisième ; c'est bien u. nur de travers.

J'étais tombé sur un angle du portail, sur l’angle auquel on confie d'ordinaire la pierre angulaire et l'inscription. Aussi était-il défait, et je ne trouvai que le goulot de la bouteille qui devait me donner le secret de l’énigne. A demi cousolé, je découvre le reste du portail, c’est-à-dire, 26 pieds environ. Mais l'autre angle m'échappe ; il tombe sous la sacristie.

Il sera peut-être possible plus tard de retrouver sous le plancher, quelque fragment de l’autre long pan, et, si l’on ne peut en déterminer la longueur, on aura du

moins l'une des dimensions, qui donrera une idée approximative de l’autre.

Pour bien constater que ce solage (il ne faut pas oublier que cette église fut construite en bois) était bien celui du portail, nous avons creusé quelques pieds plus loin que l’angie, et la bèche est arrivée au roc, sans découvrir aucune trace de fondation.

Afin que chacur puisse olus facilement se faire une idée de la position exarte de ces fondations, nous les avons figurées en noir dans le petit plan qui ‘suit :

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Comme on le voit, celui des longs pans dont :l y à 9 pieds de découvert, traverse le rond-point vers le côté de l’évangile ; l’autre, supposé que la ch:pelle eùt une trentaine de pieds de large, doit tomber à

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peu près sur la diagonale de la sacristie. Et, comme le portail paraît avoir été tourné vers le fort, le chœur de Notre-Dame de Recouvrance coïncide presque avec celui de la Cathédrale. De sorte que Mgr de Laval, qui répOSs au pied des marches de l'antel, se trouve enterré à peu près au milieu du chœur de Notre-Dame de Récouvrance.

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