‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 105 sur 295 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

ns les bois qui la couvraient, une cachette d'où a pouvait sans danger choisir ses victimes.

semaines se passèrent sans alerte et l'on com-

croire tout danger disparu quand un parti de

de sauvages, s'étant aventuré aux environs,

et massacré. (I) Les chrétiens de Sillery, pris

ique, se dispersèrent de côté et d'autre (2) et

plu s transportèrent leurs cabanes près du monas-

^tructioîi à Québec. (3) M. de Montmagny

vint ème engager les religieuses à se mettre en lieu

représenta qu'il ne pouvait plus longtemps

dégar fort Saint-Louis pour leur donner une garde,

et qu t serait, surtout après le départ des sauvages,

une témécté inutile de s'exposer davantage au péril. (4)

Les bc sœurs se rendirent à ces raisons bien à regret.

a;sâmes donc notre pauvre Sillery, dit la mère

race, le 29 de may, 1644, après y avoir demeuré

1 iiiatre ans. " (5) Elles y avaient beaucoup

sus doute, mais aussi y avaient trouvé une

:oipensation, dans la ferveur des néophytes et

dans :s intimes et ineffables qui accompagnent le

sacrifice gcéreux.

Dans ; dernier hiver, outre quelques sauvages qui

avaie: se deux ou trois jours à l'hôpital, environ

trente-cinq naïades avaient été soignés, et une dizaine

Une quarantaine de vieillards, de femmes

valent été nourris à grands frais par les

1 / \uscrite de l'Hôtel-Dieu, fol. 14.

2 Rel r 1, p. 20.

3 His Hôtel-Dieu, par l'abbé Casgrain, 137.

5 Hist. nnuscrite, fol. 14.

charitables Hospitalières et les Jésuites, et auraient, sans ce secours, péri de misère. (T) Les sauvages mêmes étaient dans l'admiration de cette charité, et pour plusieurs ce fut le motif déterminant de leur couversion. (2) Ils avaient un attachement profond pour les sœurs, regardaient comme un honneur de demeurer près de leur maison et, après la mort, de reposer dans leur petit cimetière. (3) Les Hospitalières partirent de Sillery sur une chaloupe chargée de leurs principaux meubles. Avec la marée, une heure à peine pouvait suffire à les conduire à Québec ; malheureusement, entraînées deux lieues plus bas par un fort vent d'ouest joint à la force du courant, il leur fallut débarquer sur la côte de Beaupré et revenir par terre à la ville où elles n'arrivèrent que fort tard (4) le soir. On leur donna pour logement, jusqu'à ce que leur monastère fût en état de les recevoir^ la petite maison naguère occupée par les Ursulines. (5) Après l'avoir débarrassée des crapauds et des insectes auxquels elle avait ensuite servi de refuge, les Hospitalières y passèrent péniblement quelques semaines, et aussitôt qu'un coin du monastère leur parut habitable, elles s'empressèrent de s'y transporter. On put les voir alors, pour hâter la construction, travailler à la manœuvre, pousser le rabot, charroyer en brouette des pierres près des échafauds et les monter en tournant le treuil. (6) Elles préludaient par ces rudes travaux, à tant de tâches

1 Rcl., T644, p. 3, p. 20, 9S.

2 Ibid., 5, et passim.

3 Ibtd . ,22.

4 H ht Motel-Dieu 13s-

5 De I629 à l'automne 1642, Hist. des Ursulines, I. S9.

6 Hist. de l'Hôtel.Dieu, 140.

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