CHAPITRE QUATORZIÈME
ciaient certains laïques marquants, se renouvelaient parfois aux jours gras et à Pâques, et une petite part en prenait toujours le chemin de Sillery. (T)
Ces détails font sourire mais ils sont les témoins des mœurs d'alors et montrent quelle fraternelle bienveillance régnait entre les membres de la petite colonie.
Tranquilles cette année du côté des Iroquois, les sauvages partirent pour la chasse, du quinze au vingt et un janvier. Environ vingt-deux, incapables de suivre les autres, restèrent à la charge des âmes charitables. Quelques-uns ne quittèrent pas la bourgade, le reste alla camper près de l'hôpital, et le soin de les nourrir revint surtout aux Jésuites et aux Hospitalières. (2)
Au commencement de février ou de mars, (3) tous ceux qui n'avaient pas encore quitté Sillery, se rapprochèrent de Québec et ne retournèrent dans leurs maisons qu'après Pâques, vers le commencement d'avril, époque ordinaire de la fin de la chasse. (4)
Lorsque les chasseurs, chargés de gibier et de fourrures (5) furent de retour, le P. Lalemant vint faire, du quinze au vingt-cinq avril, les exercices de la retraite à
1 Journal, XXVIII, jan. 1646, pp. 144, 168, 142, 180 ; 1647, p. 152 ; 1648, XXIX, 66, 68, 74, etc.
Le mardi gras les PP. de Sillery vont dîner à Québec : c'était le 13 février. Le Journal fait remarquer que le jour était bien choisi.
2 Journal, XXVIII, 152.
3 Dans le Journal, 36 (L.)> XXVIII. 168, ce renseignement est sous la rubrique de février, mais appartient probabement à mars. On lit en effet auparavant : " Nos hommes de Sillery vinrent travailler ici. Ils s'en retournèrent le 10 mars. " Ceci n'a pu être écrit que le dix mars ou plus tard. Par conséquent ce qu'on dit ensuite des sauvages devrait logiquement s'entendre de mars.
4 Journal, XXVIII, 182.
5 Ibid.
Sillery (0 et la visite canonique de la maison. Avec le consentement du P. Dequen (2) et d'après les avis des PP. Vimont et d'Eudemarre, il y fit ensuite le règlement des affaires temporelles.
La veille de son départ pour Québec, arriva Guillaume Couture, revenu du pays des Iroquois le vingtdeux février, avec sept ambassadeurs de cette nation, toujours au sujet du traité conclu l'été précédent. Il était accompagné du P. Pijart. A cette occasion (4) le P. Jérôme Lalemant fit un festin à tous les chrétiens et partit peu après pour les Trois-Rivières où se devaient encore tenir des assemblées pour la paix.
Pendant qu'il y était, le P. Bnnemond Massé, un des premiers religieux missionnaires (5) de ce pays, s'éteignit doucement à Sillery, dans la nuit du onze au douze mai (6) 1646.
1 Ibid. On ne voit pas de quelle sorte de retraite il s'agit : était-ce pour lui-même, les néophytes, ou pour les pères ?. Sans doute une retraite préparatoire à la rénovation des vœux, comme celle dont on parle plus loin ch. XV, XVI.
On appelle canonique, la visite d'un supérieur ecclésiastique pour s'enquérir de l'état d'une paroisse, d'une maison religieuse.
L,e Journal dit que " le règlement du temporel, " se fit à la fin du mois, " en suite de la visite. " On mentionne la débâcle au paragraphe précédent, 16 et 17 avril.
2 II y était alors avec le P. Druillètesqui fait plusieurs baptêet se donne la qualité de " vices agens paroc/ii ecdesÙB Sli-Joscphi. '
3 ÀY/., '646, p. 6.
4 \& Journal ne le dit point mais le suppose, p. 42, XXVIII. 182,. La mention de l'arrivée de Couture est séparée de celle du festin par deux points, de sorte que l'une paraît découler de l'autre
5 Nous ne disons pas le premier, parce que, i° en Acadie. il fut précédé par les abbés Aubry (1604) et Fléché 1 t6io) ; »°, quand il v vint en 161 1, il n'était pas seul mais accompagné du P. Riard.
6 Journal, mai 1646, p. 44 ; XXVII, [86 ; ; AV/., 1646, p. 11.