CHAPITRE QUATORZIÈME
nouveau en 1633, il eut ainsi le bonheur, par lui tant convoité, de mourir au milieu des sauvages au salut desquels il avait voué son existence. (0
On l'inhuma dans la nouvelle chapelle de Sillery dont la première pierre avait été posée en 1644 (2) et qui n'était pas encore achevée. (3) La construction, faite en vertu de la donation de M. de Sillery, en avait été retardée par la mort du bienfaiteur, la diminution des rentes de la fondation et la difficulté de les toucher. (4)
C'est là que, après plus de deux siècles, son corps fut retrouvé par deux prêtres canadiens, auxquels l'histoire de ce pays doit beaucoup, les abbés Laverdière, du Séminaire de Quéhec, et Raymond Casgrain. (5) Ils firent
1 Rel., 1646, p. n, ss. — Rochemonteix, loc. cit.
2 Renseignement tiré des archives du Collège Sainte-Maaie à Montréal et communiqué par le Révd. P. Melançon, archiviste, auquel nous sommes redevable à plusieurs autres venant de la même source.
3 Journal, mai 1646, p. 44, XXVIII, 186.
4 Archives du Collège de Ste-Marie. On verra plus loin, que cette chapelle ne fut terminée et bénite qu'en 1647 et qu'on y dit alors la messe pour la première fois .
5 M. Laverdière, mort en 1873, a peu écrit et l'on sait que son manuel d" Histoire du Canada n'est pas un chef-d'œuvre. Mais c'était un chercheur infatigable . Il a surtout droit à notre reconnaissance pour les éditions des Oeuvres de Champlain, des Relations et ajournai des Jésuites, dont il a été le promoteur et l'âme.
L'œuvre de M. l'abbé Casgrain est considérable : poésies, bluettes littéraires, critique, monographies, hagiographie, histoire. La Vie de la Vén. Marie de l'Incarnation, V Histoire de V Hôtel-Dieu de Québec sont très estimées. Il faut cependant placer au-dessus, Montcalm et Lév s, récit dramatique des dernières années de la domination française en Canada. Une belle édition illustrée de cet important ouvrage» faite chez Marne, devrait trouver place à tout foyer canadien, si notre peuple n'était pas d'une si désespérante indifférence pour sa glorieuse histoire.
en 1869 des fouilles dans l'enceinte de la chapelle disparue, dont les fondations cependant existaient encore, et l'on découvrit aisément les restes du vieux missionnaire. Par les soins pieux des deux savants, une souscription, due surtout à la générosité des habitants de Sillery, permit en 1870, d'entourer de poteaux en pierre détaille reliés par des chaînes, le site de l'ancienne église et d'y élever un obélisque surmonté d'une croix et portant, sur deux côtés du socle, ces inscriptions répétées en anglais sur deux autres faces :
Les habitants de Sillery
Ont élevé ce monument
A la mémoire
Du P. Ennemond Massé, S. J.
Premier missionnaire en Canada,
Inhumé en 1646,
Dans l'église de Saint-Michel,
En la résidence
De Saint-Joseph de Sillery.
L'église de Saint-Michel Qui s'élevait à cet endroit
Fut bâtie par
Le commandeur de Sillery,
Fondateur, en 1637,
De la résidence de Saint-Joseph. (0
Ce monument ne manque jamais d'attirer les touristes auxquels la connaissance des premiers temps de notre histoire n'est pas étrangère. L'enclos enserre les fondations de la vieille église, sauf les deux petites chapelles
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