‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 120 sur 295 · CHAPITRE QUATORZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIEME

la paroisse de Sainte-Foy. Qu'il suffise, pour le moment, de savoir que le M. Nicolas le plus rapproché des sauvages en 1646 était Nicolas Pelletier, charpentier, qui avait une terre de cinquante arpents, voisine, à l'ouest, de la concession des Hospitalières devenue plus tard, comme on dira, le domaine de Monceaux. Il n'obtint, il est vrai de la compagnie de la Nouvelle-France, le titre régulier de cette terre qu'en 1649 et ^e fit con~ firmer en 1660 par le P. Jérôme Lalemant. Mais on voit précisément dans Pacte de 1660, C1) que le supérieur des Jésuites, pour confirmer cette concession de cinquante arpents " et du surplus qui pourrait s'y trouver " s'appuie non seulement sur le titre signé " par messieurs " de la compagnie, " mais aussi, " sur l'acte de distri- " bution du douze septembre 1645. " Ce qui prouve que Nicolas Pelletier était sur cette terre dès 1645. ^

Il était séparé de Nicolas Goupil par Thomas Hayot, (3) qui tous deux étaient à Sillery dès ce tempslà. La terre de Nicolas Patenotre se trouvait à quinze arpents plus à l'ouest et séparée de celle de Nicolas Pinel par les concessions de Jean Le Mire et de Mathurin Trut. (4)

1 Greffe d'Audouart, 10 mars 1660.

2 II avait pour femme Jeanne de Roussy . Leur premier enfant, baptisé à Sillery fut Nicolas, le 2 mai 1649, par le P. Le Jeune. Le parrain fut justement Nicolas Goupil. Goupil avait été parrain d'un sauvage dès 1642.

3 Ces quatre concessions, de deux arpents de front chacune,— Nie. Pelletier, Thomas Hayot, Nicolas Goupil et son voisin Jean Jobin, — se trouvent comprises dans les deux sous le nom de Léonard sur le plan cadastral de 1685.

4 Cette concession est du 16 janv. 1652. Greffe de Godet, arch. de la rue Ste Anne. Ibid. plusieurs autres concessions voisines, du 16, 19 et 27 janvier 1652.

2o6 PREMIÈRE PARTIE, 1541-1670

Ainsi, sans jugement téméraire, on petit croire que l'animal cause du délit, appartenait à Nicolas Pelletier, mais on n'en saurait jurer. Nicolas Goupil y a bien quelque droit.

La pêche à l'anguille fut très abondante : du mois d'août au dix septembre, on en prit quarante mille qui se vendirent en général un demi écu le cent. Le Journal note encore qu'au mois d'octobre on construisit à Sillery un nouveau four et une brasserie, (0 et qu'on y fit de la bière pour la première fois au commencement du mois de mars suivant. (2) On ignore si c'était pour la consommation générale ou pour l'usage de la résidence seulement. Cette dernière hypothèse semble la plus probable. La bière remplaçait le vin, d'un usage si commun en France, et qui était très rare en ce pays. Il s'en fabriquait aussi, à Notre-Dame des Anges.

Au témoignage de Bouchette, l'anse de Sillery était très favorable à la culture du houblon, et, lorsqu'il écrivait, en 181 4, sa description topographique du Bas-Canada, il y en avait une plantation dont les produits n'étaient pas inférieurs à ceux qu'on importait d'Angleterre. (3)

Les vaisseaux, arrivés fort tard cette année, (4) apportèrent, de la part de la reine régente un précieux cadeau

1 Journal, pp. 69 et 73, XXVIII, 238, 246.

2 Ibid, 78, XXX, 158.

3 Loc. cit. : " A l'endroit appelé la crique de Sillery, il y a une " plantation de houblon dans une situation très bien abritée de tous " les vents nuisibles et où le climat est favorable à sa crue, et le sol " admirablement bien adapté à sa culture, qui depuis quelques " années s été suivie avec beaucoup de succès ; cette production " n'est pas inférieure à ce qu'on importe d'Angleterre." Seignex

de Sillery \ op. cit., p. 419.

| AV/., 1646, p. 52.

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