‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 123 sur 295 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

A la fin d'août 1646, il avait remonté la rivière Chaudière, (0 descendu le cours du Kénébec jusqu'à la mer, et il est sans doute le premier européen qui ai exploré ces belles rivières. Dans les quelques établissements anglais qu'il visita en ces parages, il fut reçu à bras ouverts, comblé de caresses et fourni de vivres. Pentagouët (2) était la résidence ordinaire du fameux sieur d'Aulnay, qui, après avoir moralement et matériellement ruiné son rival, Charles de la Tour, se trouvait seul lieutenant du roi en Acadie et dans les autres possessions françaises du voisinage. (3) Le P. Druillètes s'y rendit, et les Capucins, qui y avaient une maison, lui firent un accueil tout fraternel.

Les sauvages bâtirent pour leur patriarche, comme ils l'appelaient, une petite chapelle de planches, à une lieue environ plus haut que le poste de Kénébec, où commandait John Winslow, (4) principal commis de la compagnie de Plymouth. C'est là qu'il commença à les instruire. Cette mission fut appelée l'Assomption. Le père ne revint à Sillery qu'au mois de juin 1647. Winslow, qu'il revit avant son départ,, lui di-t que, de l'aveu même de quatre de leurs plus fameux ministres, c'était une louable et généreuse action d'instruire les sauvages, et que, si les Français voulaient établir une maison sur le Kénébec, la compagnie de Plymouth n'y mettrait pas d'obstacle.

1 L,a relation ne le dit pas, Ferland dit "vraisemblablement." Ce qui est certain c'est que c'était la route naturelle qui s'ouvrait presque en face de la bourgade Saint-Joseph .

2 Aujourd'hui Pénobscot,

3 Ferland, I, 346, s.—Relat. 1647, ch. X.

4 Houinslaud, comme écrit la relation, p. 39.

Le P. Dequen, de son côté, partit le vingt-six mai pour la mission à Tadonssac, comme il avait déjà fait depuis cjuelqnes années, (0 et fut remplacé à Sillery par le P. Duperon i2) qui alla ensuite lui prêter main-forte après le retour du P. Druillètes. (3)

C'est ce printemps-là, le huit mai, (4) deux semaines avant le départ du P. Dequen, que fut bénite la nouvelle chapelle de Sillery, commencée, comme on l'a vu, en 1644. (5) La bénédiction, comme il était juste, fut l'occasion d'une grande fête religieuse. Le P. Jérôme Lalemant officia et l'on chanta ensuite la première messe et les vêpres. (6)

La chasse de Jacques Junier, un des donnés, fit le.c. frais du festin qui ne manqua pas de suivre. En dix jours de battue dans les bois il avait remporté trente et une grosses pièces, trois perdrix et trois canards : il y avait de quoi faire bonne et grande chère.

Tadoussac eut aussi sa fête : pour la première fois, au grand plaisir des chrétiens et à la grande frayeur des infidèles, une cloche jeta, du haut de la chapelle de la mission, ses notes claires et joyeuses aux échos d'alentour. (7)

1 Relation, ibid. p. 6t.

2 Journal, mai 1647, 86, XXX, 172-174.

3 Ibid, 12 juillet, XXX, 1S4.— Le P. Druillètes était arrivé le 16 juin.

4 Journal, 85, XXX, 172.

5 Supra, p. 199.

6 Ces renseignements proviennent des archives du collège Ste- Marie à Montréal : " La chapelle de S. Michel de Sillery fut béniste " par moy Hiérosme Lalemant le S de mai de l'an 1647 et le même " jour, la première messe y fut chantée et les vêpr I. Journal ne donne aucun détail .

7 ReL 1647, 64.

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