CHAPITRE QUINZIEME
grand saint. (x) En im temps où la colonie comptait si peu d'hommes, cette perte fut fort regrettée.
Le vingt et un septembre, peu après le supplice du •guerrier iroquois, les sauvages de Sillery avec ceux de Tadoussac, devançant, comme ils avaient coutume en temps de guerre, la saison de la chasse, partirent pour Tiiverner dans les bois. Le P. Druillètes, les accompagnait encore. (2) Ils eurent beaucoup à souffrir de la
L'hiver dans les bois.
famine, et, vers la fin de novembre, on apprit à Québec qu'une dizaine en étaient morts. (3) La nouvelle était apportée par deux Hurons qui avaient abandonné la partie ; un Algonquin les avait suivis mais était^ mort de faim en route. Dès le sept novembre tous les vivres
1 Journal, 23 mai 1648, XXXII, p. 86, .
2 Rel. 1648, ch. VII. pp. 27, ss. Journal à cette date, XXX,
3 Journal, loc. cit. 196 ; ReL loc, cit 28, s.
étaient épuisés et il n'y avait pas trace de gibier. Cependant la divine Providence leur fournit, comme s'exprime la relation, " non pas de quoi vivre, mais de quoi ne pas mourir. " Enfin, avec les hautes neiges, la situation devint un peu meilleure. On se partagea en deux bandes, et Georges Etouet, capitaine de Tadoussac, qui mourut chrétiennement à l'Hôtel-Dieu, l'été suivant, abandonna généreusement à Négabamat la région la plus giboyeuse. En compensation il demanda au P. Druillètes de l'accompagner, parce que ses gens étant plus exposés à mourir de faim, la présence de la robe noire rendrait la mort moins à craindre. Le missionnaire ne pouvait repousser une pareille demande. Cependant, de part et d'autre, la chasse, bien que peu abondante, suffit à donner les aliments de chaque jour.
Les chasseurs revinrent à Tadoussac à la fin d'avril. Ceux de Saint-Joseph en partirent le sept mai, désireux d'arriver le lendemain, jour de l'apparition de l'Archange Saint-Michel, titulaire de leur église. Favorisés par un bon vent, ils franchirent cette longue distance eu un jour et demi et arrivèrent pour la fête.
Le Journal des Jésuites (0 fait remarquer qu'il y avait, à la fin de 1647, de soixante à soixante-dix paroissiens ordinairement à Sillery, et il ajoute qu'on ne doit pas leur donner ce nom, parce que Sillery n'était pas une paroisse mais une résidence de la compagnie de Jésus. Et en effet on voit le P. Le Jeune annoncer, le dimanche des Rameaux, 1649, (lue ^es chrétiens de Sillery sont obligés de faire la communion pascale à l'église paroissiale de Québec, mais qu'il a obtenu pour