‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 134 sur 295 · CHAPITRE SEIZIÈME 164S · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME 164S

On avait aussi bâti une tour sur la hauteur.

De temps immémorial toute trace de ces fortifL cations a disparu, ainsi qu'un moulin à vent construit sur le cap. Des fouilles en feraient peut-être découvrir les fondations mais il est probable que les matériaux eu ont été dès longtemps utilisés pour la construction des quais si nombreux en ces parages.

Au commencement de septembre 1648, (0 le P. Le Jeune avait succédé au P. Dequen (2) comme supérieur de la maison de Sillery, avec les PP. Duperou et Druillètes pour auxiliaires.

La pêche à l'anguille fut peu abondante, cette année-là, et l'hiver s'annonçait sous les plus mauvais auspices, (3) si la Providence n'y eut pourvu par une quantité prodigieuse de perdrix blanches dont on tua en un mois plus de douze cents. (4)

Les sauvages firent, l'année suivante (1649), leurs chasses (5) et leurs travaux à l'ordinaire. L'anguille et le

1 Journal, 3 sept. 1648, XXXII, 102 : "Va à Sillery prendre charge " de la maison au retour des sauvages, de leur voyage avec canots. ' S'agirait-il de l'expédition du 18 juillet contre les Iroquois ?

Les catalogues annuels donnent le P. Le Jeune comme supérieur de Sillery en 1649. Il y était dès le mois de juillet 1648, car il y confère les cérémonies du baptême à un sauvage baptisé à la rivière Saint- Jean, en Âcadie, par le P. Cosme de Nantes, capucin, et dont le parrain fut Charles d'Aulnay de Charnisay : cf. liber baptisatorum à la date indiquée.

2 Les catalogues annuels nomment le P. Dequen supérieur Adm. form. en 1648. Son nom ne paraît pas au liber bapt. Il y avait trois frères coadjuteurs en 164S : Claude Jager, sort. form. — cordonnier ; P. Vanté, fab. fer. form . — forgeron; Florent lîomiemer, f>lt a r, fo/ m. pharmacien.

3 Journal, XXXII 106.

4 laid. 108.

5 Journal, XXX IV, 44.

234 PREMIÈRK PARTIE, 1541-1670

saumon surtout firent encore défaut et il fallut lever les rets après un mois de temps perdu, mais par contre de beaux esturgeons pris en abondance aidèrent les gens à vivre. (J)

A la fin d'octobre le P. Druillètes retourna hiverner avec les chasseurs (2) et, le dernier jour du même mois, le P. Le Jeune partit pour la France, afin d'obtenir des secours pour les chrétientés si éprouvées du Canada. Le dernier baptême qu'il fit à Sillery (3) est daté du neuf août 1649. C'est celui de Catherine, fille de Charles Le Gardeur et de Geneviève Juchereau de Maure, dont la marraine fut Catherine Cordé connue sous le nom de demoiselle de Tilly. (4) Il était accompagné (5) de ce même chef Iroquois, arraché par M. de Montmagny aux tourments et à la mort en 1644, et auteur de la paix si tôt violée. Venu aux Trois-Rivières au printemps de

1 fbid, 54.

2 Ibid, 60.

3 Le liber baptisatoricm contient encore le baptême d'une femme sauvage fait par le P, Le Jeune le 23 septembre, à Québec.

4 Domizella de Tilly ^ dit le liber baptisatorum. Un autre enfant de Chs Le Gardeur, Pierre-Noël, fut baptisé à Sillery par le P. Dequen le 24 déc. 1652. — Catherine Cordé était veuve de René Le Gardeur de Tilly, mort à Thury-Harcourt en Normandie, et mère de Chs. Le Gardeur et de Pierre Le Gardeur de Repentigny. Sa fille Marguerite épous 1 Jacques Le Neuf de la Potherie. — Notes sur les > . .Y.-/). ]). 79.

On sait qu'on donnait alors le nom de demoiselle aux femmes mariées qui appartenaient à la bourgeoisie.

Eléonore de Grandmaison, par exemple, mariée quatre fois, .' ntoine Boudier de Beauregard, 20 à Frs de Chavigny de Berchereau, 3° à Nicolas Gourdeau de Beaulieu, 40 à M. de la Tesserie, I »u-

jours mademoiselle de Grandmaison . Notes sur le 15. 43.

5 //•/</, bo.—Relat. 165s, ch. XIII, p, 43, ss.

Page 1