CHAPITRE DIX-SEPTIÈME 1646-165I
des plus désavantageuses que les missionnaires eussent obtenues, à cause des cens et rentes dont elle était restée grevée. ( ■ I
Pour remédier à cet état de choses, le P, Jérôme Lalemant demanda à M. de Montmagny de vouloir bien, dans la distribution des terres aux environs de Québec, en réserver une part aux sauvages chrétiens dans le lieu qui avait été " reconnu le plus propre pour leur ins- " truction et leur établissement. ". Le deux d'août 1646 M. de Montmagny, se rendant à cette requête, accorda aux néophytes, — " sous le bon plaisir de messieurs de la kk compagnie de la Nouvelle-France : ^2> Premièrement " les terres qui sont au-dessus du coteau de leur demeure " en Panse de Saint-Joseph dite de Sillery, lesquelles M terres sont bornées, savoir d'un côté (par) la route de ,k Puiseaux, d'autre côté (par) un ruisseau (3) qui les " sépare d'avec celles des révérends Pères de la compa- " gnie de Jésus ; d'un bout, la grande route qui va de 4k Québec au Cap-Rouge ; d'autre bout le neuve Saint-
11 Laurent. Secondement un quart de lieue sur la
" rivière à commencer ensuite de la concession de " Thomas Hayot, sur autant de profondeur de terre qui " se trouvera jusqu'à la susdite grande rout^ ou chemin M qui va de Québec au Cap-Rouge. "
i Juin, 1646, p. 56, XXVIII, 210.
2 Voir le document entier à l'appendice, avec la prise de | session, pièces IV et V.
3 Ruisseau S. Laurent, à l'ouest de la pointe S. Joseph. — Supra, p. 75. Il passait près de l'hôpital. Inutile dédire qu'il n'a rien du fleuve son homonyme. On le franchit à peu de distance du chemin qui mène à VAnse du Couvent. Une écluse, au nord de la route, retient les eaux et forme une petite cascade dont le touriste en approchant peut entendre le bruit doux et monotone.
Quatre jours plus plus tard, le six août, d'après le rapport de Jean Bourdon, ingénieur et arpenteur, venu sur les lieux " avec le P. Lalemant et les nommés Noël " Tékouériinat ou Négabamat, Charles Miachkaouai, M Ignace Ouitataxouohi, Philippe Sakapouan, sauvages, " et aussi avec Robert Hache et César Léger, taillandier, " français témoins, " le supérieur des Jésuites, au nom des sauvages, fut mis en possession de ces terres. (0
Il est bon de remarquer que le titre de 1646 donnait aux Jésuites, si les néophytes se dispersaient, toute liberté de faire valoir cette concession " au profit des sauvai " en la meilleure façon qu'il se pourrait, soit en faisant " des fermes, soit en vendant le fond et employant le " prix à l'achat de quelque autre fond propre à l'usage " des sauvages, soit eu quelque autre façon et manu " qui se pourrait."
La grande route de Québec au Cap-Rouge, ici donnée pour borne de la concession des sauvages du ci nord, et mentionnée dès 1637, (2) est la plus ancienne qui ait été ouverte dans la paroisse. Dans les anciens documents on la nomme aussi la Grande ligne (3) de Québec au Cap-Rouge ou la Grande-allêe. Ainsi eu 1657, Nicolas Chaigneau vendit à Guillaume Féniou une tel " bornée d'un bout au fleuve et de l'autre à la Grande* " allée." (4) Comme cette terre était au commenceme
1 Papiers de M. de Montmagny. Arch. du Sém de Québec.
2 Plus haut, ]). 75 .
3 Audouart : Chs Le G^irdeur (fief St. Michel). àljacqw
Ut, 1 déc, 1651. — L,e même, à Chs Guilbout, 12 août, 1(152 ; 15 no [653— le même à Pierre Tourmente. M. d'Ailleboust à Pi ;rre Duquet " . . . .à. la ligne qui fait le grand chemin de Québec au Cap-Rouge avril, [954.
4 Audouart, acte «la 5 septembre, [657. Cette terre, située entre celle d'Antoine Martin dit Montpellier et celle d'Etienne I^e Telli