‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 139 sur 295 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

de la seigneurie de Gaudarville, partant une lieue à l'ouest de la Pointe-à-Puiseaux, on voit que le nom de Grande-allée s'étendait à la route entière. Toutes ces concessions bornées à la grande route avaient douze arpents et demi de profondeur, (*-) d'où il suit que le chemin du Cap-Rouge était autrefois notablement plus au nord que celui de nos jours. D'après un acte de Rageot, du vingt-huit mars 1667, (2) l'ancien chemin n'aurait été autre que le Gomin ou route Saint-Ignace.

Le chemin actuel fut tracé le dix juillet 1742, par le grand voyer Jean-Eustache Lanouiller de Boiscler, " à la " requête de Nicolas Philibert, bourgeois de Québec, " propriétaire de plusieurs terres à la coste du Cap- " Rouge, " et de plusieurs autres habitants. L,à où il correspondait à l'ancienne route, la largeur de celle-ci était portée de quinze à vingt-quatre pieds.

A la demande de John Neilson et de John McNider, le chevalier J.-B. d'Estimauville, grand voyer, modifia, le le vingt-trois juillet 181 5, ce chemin sur une longueur de sept ou huit arpents, le traçant environ un demi arpent

appartint ensuite à Marin Pin. On trouve ce nom de Grande-allée, même dans un titre du 13 janvier 1651 (Audouart), au sujet d'une terre sise entre Jacques Maheu et Chs Gaultier dit Boisverdun.

1 Greffe d' Audouart. Dénombrement de Gaudarville, 2 janvier 1668. Sauf Marin Pin et Etienne Le Tellier, tous les autres sur le bord du fleuve ont douze arpents et demi de profondeur. Etienne Dumetz, le dernier vers la rivière du Cap-Rouge, n'a que dix arpents à cause de la disposition des lieux. D'autre part, le titre de concession de Gaudarville, le 8 février 1652, dit que la seigneurie aboutissait " pardevant,à la route qui va de Québec au Cap-Rouge et qui prend " le derrière des concessions d'Antoine Martin, Nicolas Chaigneau, " etc.

2 La concession d'Antoine Martin, cédée par Philippe Neveu à Jacques Bertheaume, y est bornée au nord "à la route-Saint-Ignace." V. ch. XX.

plus au nord pour éviter une côte escarpée où il avait " plutôt l'apparence d'une ravine que d'un chemin. "

Le document donne à la concession de Sillery, pour borne à l'ouest, les terres " des révérends PP. de la compagnie de Jésus. " Or on sait que les terres en amont de la pointe Saint-Joseph appartenaient aux Hospitalières, que nous verrons bientôt les vendre à la famille IVAuteuil (1649). Peut-être les Jésuites y avaient-ils une sorte de droit de suzeraineté ce qui expliquerait l'opposition faite par le P. Dequen à la transaction de 1649. tTn document manuscrit, de la main du P. Druillètes le laisse entendre. Nous le reproduisons textuellement :

"En 1646,(2) 2 Août, Mr. de Montma<rny voyant " que les Pères de Sill^ry permettaient aux sauvages la " jouissance des dicts cent arpans au-deça du Ruisseau " Saint-Laureus pour leur bled d'Inde, commence à dou- " ner une concession aux dicts sauvages, qu'il borna par M le dict Ruisseau Saint-Laurens du costé du Cap-Roug " et par la ligne de Puyseaux à présent de Tilly, (3) du " costé de Kébec, se contentant d'insérer copie des mots vc touchant les cent arpans postérieurs qu'il laissait aux " dicts Pères de Sillery : (Le Ruisseau les séparera " d'avec ks terres des Pères.) sans en donner aucune " autre distribution en particulier, ny spécifier que c'était " en compensation de la jouissance qu'ils avaient permise " pour le bled d'Inde des sauvages. "

1 Voir procès-verbaux des grands voyex*s aux dates citées. Arcta

de la rue Sainte- Anne. — Il n'y a rien, p >ur Sainte-Foy, d'antérieur à '732-

2 Archives du Collège Sainte-Marie, Montréal.

3 Le fief St-Michel, c imme on dira bientôt, devenu propriété de I,.- ( rardeur de Tilly.

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