CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
A l'ouest de la coste Saint-François-Xavier, tout le reste du littoral eu montant, y compris le vallon, portait le nom de Cap-Rouge. Ce nom, du reste, comme celui de Sainte-Geneviève, que certains notaires ont étendu à tout le coteau jusqu'à la rivière du Cap-Rouge, était fort élastique, et, dans les Relations ou le Journal, beaucoup des colons que nous venons de voir au fort Saint-Xavier, sont appelés habitants du Cap-Rouge, et ce dernier lien est donné pour théâtre à des événements qui sont certainement arrivés dans l'autre. Cette remarque est bonne à retenir pour éviter la confusion.
Les terres concédées aux sauvages en 1646 furent toutes englobées en 1651 dans la seigneurie de Sillery.
Le ^itre accordé par les Cent-Associés, en date du treize mars, fait et signé à Paris par Cheffaut, secrétaire de la compagnie, réservait la justice aux officiers de Québec et " un chemin libre au public le long du fleuve et " autres lieux nécessaires. " (I)
Au mois de juillet 1651, des lettres patentes du roi Louis XIV confirmaient cette donation de la manière la plus ample.
La seigneurie comprenait une lieue de front sur le fleuve, depuis la Pointe-à-Puiseaux en tirant vers l'ouest et quatre lieues de profondeur, avec tous les droits seigneuriaux de chasse, de pêche et autres, sauf la justice, sans aucune dépendance ni redevance. Les terres étaient données aux sauvages, mais sous la direction des Jésuites et à condition de rester toujours sous leur conduite. Les Français n'y pourraient pêcher ni chasser qu'avec la permission du capitaine sauvage et des pères, sans le con-
r Voir le litre à l'appendice, avec les lettres patentes de Ivonis XIV, pièces VI et VIT.
sentement desquels, en outre, la concession ne pouvait être en tout ou en partie, ni concédée ni vendue. Quant aux colons déjà établis en ces lieux, ils devaient relever des capitaines chrétiens et des missionnaires.
Les lettres patentes de 1651 accordaient aux sauva ges de pareilles étendues de terre, aux mêmes conditions en tous les endroits où il y avait un fort et une garnison française.
Ces importants privilèges étaient dus aux démarches des PP. Le Jeune et Jérôme Lalemant alors en France.
Le six février 1652, le P. Dequen supérieur de Sillery, accompagné de Nicolas Le Vieux, écuyer, seigneur d'Hauteville, lieutenant civil et criminel en la sénéchaussée de Québec, vint sur les lieux et, " au nom et comme " tuteur des sauvages, arracha des branches d'arbre, jeta " une pierre et fit d'autres actes de prise de possession/' Ensuite, en présence de Jean Juchereau, sieur de Maure, représentant de Charles Le Gardeur, sieur de Tilly, Jean Bourdon, ingénieur et arpenteur de la Nouvelle-France, reconnut et renouvela la ligne de séparation entre les terres des sauvages et celles du sieur de Tilly, et planta k' six pieux "de cèdre " eu attenl" dant que ^ " des bornes kl y fussent plantées en une saison plus eomimuh
L'acte est signé par le P. Dequen, Juchereau, Bourdon, Le Vieux, Chartier et Rolland Gfodet