‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 15 sur 295 · CHAPITRE PREMIER II · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER II

pents à l'ouest du couvent de Bellevue. Il doit tenir son nom du fief Prévôt (T), aujourd'hui Saint-François, voisin de la Seigneurie de Sillery.

Ainsi, sur ce point, les limites de la paroisse ne semblent pas avoir changé depuis la fin du dix-septième siècle.

Du plateau on avait fait deux parts à peu près égales, l'une réservée aux futurs agrandissements de la ville, Pautre à l'agriculture. Si la cité de Champlain avait grandi aussi rapidement que New- York ou Chicago, il y a beau temps qu'elle aurait occupé tout ce territoire et une partie de la plaine voisine. Mais cette ère de prospérité industrielle et commerciale semble attendre le parachèvement du grand pont. Alors les champs cultivés seront peu à peu envahis par des lots à bâtir, des rues tracées au cordeau, des lignes de chemin de fer ou de tramways électriques, et notre petite paroisse agricole rendra le dernier soupir. Oh ! ce ne sera pas l'œuvre d'un jour : il y faudra bien quelque cinquante ans et nous n'aurons pas le chagrin de voir gâter cette belle campagne.

Sainte-Foy, dans ses anciennes limites, occupait tout le littoral de deux Seigneuries : Sillery, d'une lieue de front sur quatre de profondeur, concédée en 1651 aux sauvages chrétiens sous la direction des Jésuites, puis

1 D'après un aveu et dénombrement de 1733, — aux archives du parlement de Québec. — Le fief Prévôt était voisin de celui de Sainte- Ursule situé dans la Seigneurie de Sillery.

Sur une carte datée de 1709, copiée aux archives de la Marine à Paris et conservée au Séminaire de Québec, les noms de propriétaires, avec limites des concessions respectives, sont indiquées. Ee nom de Provo revient deux fois.

PREMIÈRE PARTTE, T54r-1 67a

aux Jésuites eux-mêmes en 1699 < 0, et devenue la propriété du gouvernement en 1800, à la mort du P. CasotT dernier survivant de l'Ordre en ce pays après la conquête ; et Gaudarville, (2) s'étendant de la ligne ouest de Sillery à la rivière du Cap-Rouge, sur une largeur d'environ quarante-cinq arpents et une profondeur de quatre lieues. Concédée (3) en 1 652-1 653 à Louis de Lauson de la Citière, par son père Jean de LausDn, gouverneur de la Nouvelle-France, (1648-1657), elle est aujourd'hui la propriété de la famille Duchesnay, qui la tient, comme on verra, des Peuvret auxquels elle était alliée.

Le démembrement de Sainte- Foy, en 1856 et en 1862, lui a enlevé des localités de grand intérêt historique, comme l'anse Saint-Joseph, où était la célèbre mission sauvage de ce aom\.

et le Cap-Rouge, théâtre des premiers ^ essais de colonisation tentés en ce pays par Jacques Cartier et de Ro- ^--^3

berval en 1541 et 1542. Mais une possession de près de deux siècles fait que l'histoire de ces lieux n'est rien autre chose que notre

1 Réduite à une lieue et demie de profondeur. Voir sur ce point une intéressante étude de M. Gérin, d'Ottawa, sur la Seigneurie de

Sillery. On y reviendra plus tard.

2 Concession faite en 1652, lUgmentée en 165;.

3 Voir plus bas, ch. xvm.et Hist. de la Seigneurie de I...r. pai M. J. !•:. Roy, 1. 134,

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