CHAPITRE PREMIER
pris à la vieille paroisse, avec quelques terres cultivées au sud-est, une lisière du littoral bornée par la cime de la falaise et qui s'étend, en amont, jusqu'à l'anse Victoria, désormais célèbre par le pont, merveille de hardiesse, que l'industrie moderne est en train de jeter, dans le voisinage, sur le Saint-Laurent. En 1862 (*) Saint-Félix du Cap-Rouge prenait à son tour Pouest du plateau, de sorte que Sainte-Foy, aujourd'hui, compte à peine quatre milles de longueur et une demi-lieue sur le fleuve, assez cependant pour que le fameux pont, (2) qu'on appelle pont de Québec, pont du Cap-Rouge, pont de Sillery, soit en stricte vérité le pont de Sainte-Foy. Voici quelles étaient les anciennes limites : (3) " L'étendue de la paroisse sera d'une lieue et demie " tant sur le fleuve Saint-Laurent que sur la route de " Saint-Michel, dite de Saint-Jean, à prendre sur le fleuve " depuis le ruisseau Prévost jusqu'à la rivière du Cap- " Rouge, et les profondeurs de la paroisse, qui n'étaient " que d'environ soixante-dix arpents, du côté du nord- " est, à prendre du bord du fleuve, seront augmentées " des terres de Pierre et André Hamel, Eustache Harnois, " Lucien et François Poitras, Jean-Baptiste et Charles
canonique est du 2 octobre, 1855, et l'érection civile du 8 février, 1856. — Archives de l'évêché de Québec.
1 Edits et ordonnances, 11 mars, 1872. C. E. Deschamps, op. cit. p. 466. Le décret civil d'érection, publié en 1872, remontait en réalité à plusieurs années auparavant.
2 Commencé en 1900.
3 Edits et ordonnances, 3 mars, 1722. C. E. Deschamps, op. cit. p. 403. Dans le Dictionnaire de V ancien droit canadien de Justin McCarthy, ces bornes sont reproduites avec quelques modifications postérieures à 1722. Une copie de l'ordonnance nous a été fournie par M. G. M. Fairchild.
" Drolet, Alexis Alexandre et du sieur Destargis, qui " sont présentement de la paroisse de la Vieille-Lo- " rette." (1)
Comme le prouvent les expressions mêmes de l'ordonnance, cette délimitation remontait en partie à une date antérieure. Il est probable sinon certain que ces limites avaient été tracées dès l'érection de la paroisse. (2)
Une ordonnance du 15 septembre 1727 rattachait à l'Ancienne-Lorette " la terre appartenant au Sieur Char- " train et celle de Charles et Jean-B.iptiste Drolet situées " au lieu appelé la Suède. " (3)
Par les terres de Saint-Michel, il faut entendre l'anse qui porte encore ce nom (4) et les terres adjacentes, au nord-est de la Pointe-à-Puiseaux, (5) où s'élève l'église de Saint-Colomb de Sillery. M. de Puiseaux, qui a donné son nom à ce promontoire, y possédait dès 1637 un fief appelé Saint-Michel, et une maison considérée comme le bijou de la Nouvelle- France. Il en sera plus amplement question ailleurs. Pour le ruisseau Prévost, c'est sans doute ce mince filet d'eau, aux confins actuels de la banlieue de Québec et de la paroisse de Sainte- Foy, quelques ar-
1 Edits et ordonnances. Deschamps, op. cit, 403.
2 Dans les mandements des Evêques de Québec, vol. I. p. 569, Sainte -Foy est placée parmi les paroisses érigées en [67 ms titulaire.'''
M. Krn. Myrand dans le Bulletin des Rech. /list., août, 1901, no. p, 247, donne la date du S septembre 1694. sans référence.
3 Edits et ordonnances. Deschamps, op. cit. :
4 Bientôt il ne sera connu que des érudits, grâce à notre manie des noms anglais. L'anse voisine et les terres adjacentes, partie notable de L'ancienne cliatelleniedeCoulouge.se nomment Spencer cove, etc
5 ( Mi dit aujourd'hui Pointe-à-Pi/eau. Ht l'on voit ce nom écrit de cette manière sur des plans publics et dans plusieurs vieux documents. C'était la prononciation du temps,