‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 161 sur 295 · chapitre dix-neuvième, i · texte numérisé non relu

chapitre dix-neuvième, i

hôpital, les deux maisonnettes acquises, comme on a dit, par Mme de Monceaux en 1649. Pour solde d'une partie des huit cents livres qu'elle avait promis de payer, (0 elle fit par-devant Audouart, -en 1651, un contrat qu'il est intéressant de citer. Ou y pourra voir que les maisons des sauvages n'étaient pas précisément des palais. Klle s'engage et s'oblige " envers la personne du Rév.

<l P. Jehan de Quen de faire bâtir pour les sau-

" vages chrétiens de Sillery une maison de seize pieds " de long de franc creux (2) sur douze pieds de large *' aussi de franc creux, de laquelle les murailles, les deux <( pignons et la cheminée seront de maçonnerie, les u murailles seront de huit pieds hors de terre, les fon- " déments bons et tels qu'il conviendra et auront vingt "" pouces d'épaisseur et la cheminée bien conditionnée, <( la charpente sera de bon bois, la couverture de bonne " planche bien clouée et le plancher d'en haut aussi, " dans laquelle maison il y aura deux cabanes de plan- " che, une bonne porte ferrée de pantures, serrure et " loquet, une fenêtre ou croisée de telle grandeur qu'il " sera trouvé bon par le susdit Rév. P. de Quen, à u laquelle il y aura un châssis de bois garni de toile et un " contrevent ou fenêtre de planche, la dite maison bâtie u dans l'enclos du fort ou de l'anse de Sillery, et s'oblige "" la dite dame de rendre la dite maison entièrement " faite et parfaite et logeable à la St-Denys de l'année " mil six cent cinquante-deux, moyennant prix et " somme de sept cents livres qui sera en déduction de la x' somme de huit cents livres que la dite dame Anne *' Gasnier doit aux Rév. Pères Jésuites pour les sauvages

1 Supra, p. 260.

2 En dedans .

" pour l'achat qu'elle a fait des maisons qui sont atte- " nautes à la maison de lionceaux, '" fait au dit Mon- " ceaux en Thôtel et maison de la dite dame le vin. u huit de Décembre mil six cent cinquante et un. " <2> Seuls les bons chrétiens étaient admis dans le fort. (3) Négabamat, le grand chef, disait hautement qu'on avait élevé des murs non pour enfermer le vice mais pour l'empêcher d'entrer, et il fit voir par un exemple que ce n'étaient pas là de vaines paroles. Une jeune Algonquine, baptisée aux Trois-Rj'vières depuis quelques mois, vint à Sillery précédée par la rumeur qu'elle n'avait pas toujours été fidèle aux promesses de son baptême. " Ma fille, •* lui dit le capitaine à son arrivée, il faut ou bien chan- " ger de vie ou bien changer de lieu. " Peu de temps après ayant fait parler d'elle, il lui dit : '• Sors d'ici, le " fort de Sillery n'est pas fait pour des chiens, mais pour " ceux qui font paraître leur foy par la pureté de leur " vie. " Et force fut à la coupable de déguerpir. (4)

1 Ceci confirme ce qui a été dit ailleurs, que le monastàre Hospitalières devint le manoir de Monceaux.

2 Aux archives du Sém. de Québec. Etaient présents Mathurin Roy et Jean Gilbert qui ont signé avec Anne Gasmier et le notaire. Dans les annexes au contrat principal, le P. Dequen donne quitt

en 1652 de vingt-six livres qui restaient sur l'achat des maison n< sauvages ; et en 1656 remet à M. d'Auteuil trente arpents de terre ei bois, à condition qu'il fasse défricher trois arpents sur le domaine de; sauvages.

3 Parlant de ce fort dans sa requête le P. R iguenean dit : . . " quoyque.... ils n'eussent d'autre cabanage que dans leurs m

'• de ]>ierre, basties à Sillery et enceintes maintenant d'une bonm

" muraille qui a esté bastie par l'ordre de sa Majesté et qui

" éloignée de cette pointe de Puyseaux qu'environ cinq 1 " arpents." C'étaient de g *ands arpents.

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