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CHAPITRE DIX-NEUVIÈME

En 1649, outre le père Le Jeune, supérieur, les missionnaires de Sillery, d'après le liber baptisatorum, 0) furent les PP. Joseph Dnperon, Druillètes,. et Pierre Bailloqnet qu'on retrouvera si souvent dans la suite. Il est probable que c'est le P. Druillètes (2) qui prit charge de la mission au mois d'août 1649, après le départ du P. Le Jeune. (3)

En 1650, apparaissent pour la première fois les PP. Lyonne et Charles Albanel, (4) mais le rôle principal fut tenu par ceux qu'on vient de nommer. Le P. Dequen était supérieur. (5)

En 1 651, il y avait quatre pères à la résidence Saint- Joseph, mais seuls les PP. Dequen et Bailloquet y restaient habituellement ; les autres allaient ci et là donner des missions, (6) comme il a déjà été remarqué au sujet du P. Dequen et du P. Druillètes.

1 Les cataloges annuels font défaut de 1650 à 1658 iuclusi vement-

2 Liber bapiisatoram, acte du 18 août 1649 : " Vices agcns parochi in ecclesia S.Josephi de Sillery."

3 II ne partit pour la France que le dernier jour d'octobre, mais ne fit plus aucun baptême à Sillery après le 9 août. Voir plus haut, p. 220 et note.

4 Le P. Lyonne, né à Paris en 1614, vint au Canada en 1643 et mourut à Chedabouctou, Nouvelle-Ecosse, en 1641.

Le P. Albanel, né en 1613 ou 1616, arriva au Canada en 1649 e^ mourut au Sault vSainte-Marie en 1696. Ed. Burrows, LXXI, 146, 158.

On ne trouve qu'une fois au liber baptisatorum le nom de ces missionnaires, le 6 février et le 25 septembre 1650.

5 "Je soubsigné Jean Dequen, de la Compagnie de Jésus supé- " rieur de la Résidence et église de sauvages à Sillery." — Acte d'opposition cité ci-dessus, premier octobre 1650.

6 Presque textuel, d'après la Relation de 1651, p. 7, 8. Le nombre des baptêmes de 1644 à 1650 inclusivement, n'est, chaque année, que de dix-huit ou vingt.

Le P, Bailloquet, bien qu'il ne fut pas supérieur, faisait presque toute la besogne. (0

Le P. Buteux qui, pendant l'hiver de 1643, Y avait été chargé de l'instruction des Attikamègues, (2) ou Poissons blancs, y passa encore quelque temps avant de partir, (3) vers la fin de mars 1651, pour aller en mission chez cette peuplade, la plus douce et la plus pacifique des nations sauvages. (4) Le voyage dura trois mois dans le pays montagneux qu'habrtait cette tribu, au nord des Trois-Rivières, et, si le missionnaire eut à supporter des fatigues et des privations, rendues encore plus pénibles par le mauvais état de sa santé, il y trouva une compensation surabondante dans la docilité de ces bons sauvages, leur zèle à se faire instruire et l'innocence de leur vie.

L'année suivante, 1652, le dix mai, il y cueillit la palme du martyre dans une embuscade. dressée par les Iroquois, où il tomba avec un jeune Huron et un soldat français nommé Pierre Legros. (5)

Il aurait été bien à propos de mettre un frein aux déprédations de ces barbares plus audacieux que jamais.

1 D'après le liber baptisatorum . — Il était né à Saintes en 1612 ou 1616 et venu an Canada en 1647. — Il mourut dans la mission des Outaouais en 1692. Ed. Bnrrows, LXXI, p. 147.

2 Voir snpra, p. 146 ; Relat. 1643, p. 8, ss ; 1642, p. 22.

3 Voir sa lettre au P. Ragueneau, Rel., 165 1, p. 26 : " Les pei- M nés intérieures que je ressentis à mon départ de Sillerv, 011 j'étais " descendu par l'ordre ds votie Révérence "

4 Rel. 1651, p. 15 : Cette mission appelée Saint- Pierre était la pins pénible mais aussi une des plus aimables.

5 Rel. 1652, p. 1, ss., 33 : — Journal 1652, XXXVII. p. ws. Le Journal le nomme Fontarabie : c'était un sobriquet. Voir XXXV., p. 2S9. — Cependant il signait Fontarabie. On Le voit intervenir comme témoin dans un acte d'Audouart eu 1651.

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