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CHAPITRE DIX-NEUVIÈME

que le P. Le Jeune ne revint pas au pays. Sans entrer dans une longue discussion, qu'il suffise de savoir que ce religieux, qui occupait la charge de procureur des missions du Canada, était encore à Paris en mai 1660. I1) Le général des Jésuites avait voulu lui enlever cette charge l'automne précédent, mais la lui avait conservée, à la prière des missionnaires canadiens. En 1660, l'ayant remplacé par le P. Brisacier, il en informe le P. Jérôme Lalemant. Celui-ci répond, le dix-huit août, qu'il se soumet aux désirs de son supérieur, mais, ajoute-t-il, " si " toutefois il se présente quelque chose pour changer " cette décision, nous en serons bien aises. " Pas un mot d'allusion à la présence du P. Le Jeune qui devait y être alors à Québec, s'il y vint dans l'été et repartit avant le dix-sept de septembre. Pas un mot non plus dans les

trop acerbe. Nos historiens ne sont pas en général des mangeurs de Jésuites et ont bien droit à quelque égard. Une information insuffisante ne doit pas être toujours prise pour de la malveillance, ni fustigée à tour de bras.

1 Une lettre inédite de M. Cramoisy, agent de l' Hôtel-Dieu à Paris, citée par M. Gosselin dans son Mémoire lu à la Société Royale en 1S95 (I sect., p. 35, ss.), et datée précisément du 22 mai nous apprend que "le P. Le Jeune l'a chargé des deniers qu'il avait de la supérieure de l'Hôtel-Dieu de Québec entre ses mains," Il ignore parfaitement le voyage, du père, puisqu'il n'en souffle mot.

Dans le mémoire cité, une petite note à la première page est regrettable. On présente, au sujet de la vén. M. de l'Incarnation, dans le sens positif qui est odieux, cette phrase : " Faut-il croire aux " rêveries et aux mensonges de cette intelligente et sainte fille de la " bienheureuse Ursule? Ses lettres seraient peut-être un amas de " fictions?" Or cela termine un passage ironique à l'adresse du P. Chrestien Ueclercq : " Ainsi ces Jésuites ont trompé le public pendant " quarante ans. Pendant plus de quarante ans, les Relations, tissus " de mensonges et de faussetés, ont fait croire à des conversions et à " des églises qui n'existaient pas ! " etc. {Les Jésuites et la N . Fr. Introd., p. XXV, s.) L,e sens est bien clair.

lettres envoyées à Rome, au mois de juillet, par les PP. Pijart, Ragueneau et Lemercier. Silence aussi complet dans le Journal qui note avec tant de soin les pères qui arrivent ou qui partent et jusqu'aux plus minimes incidents. Egalement rien dans la correspondance de Paris avec Rome.

Mais tout cela n'est qu'un argument négatif. On n'ignore pas qu'un argument négatif peut en certaines circonstances l'emporter sur un positif, et tel nous semble bien le cas présent. Le P. Le Jeune, si connu, si aimé, premier supérieur des missions après le traité de Saint- Germain - en - Lave, ne pouvait passer ici à ce point inaperçu. (J) Et alors que penser du témoignage de la mère de l'Incarnation ? Une faute de copiste suffit à l'expliquer. Qu'on ait lu va pour est, et tout de suite le sens est considérablement changé.

Ce ne sont pas là choses

1 Le P. de Rochemonteix, brochure citée. Nous affaiblissons les arguments en les résumant. Nous ne disons rien de la preuve tirée des catalogues annuels > parce que, à Sillery, on voit souvent un religieux, désigné pour un poste dans le catalogue annuel, en occuper un autre pendant l'année, du moins temporairement. Quant à l'arrivage et au départ des vaisseaux cet été-là, il est à noter. Le premier vaisseau partit pour la France le 7 juillet, le deuxième, le [8 octobre. Orla mère M. de l' Incarnation dit, lettre du 17 septembre : "Je VOUS ai " écrit une lettre bien ample par le premier vaisseau au mois de juillet " une autre plus Courte par le P. Le Jeune et une troisième par un " autre navire."' Par quel vaisseau partit le 1'. Le Jeune? II n'y eut île

PAUL Le JEUNE, S. J.

(Relations, éd. Burrows.)

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