CHAPITRE VINGTIÈME
fort. (J) L'un était Aontarisati, capitaine fameux et des plus aimés parmi les siens. Tous deux furent instruits, baptisés, puis abandonnés aux Hurons et aux Algonquins qui les passèrent par le feu avec tout le cérémonial sauvage.
Les Iroquois résolus à ne pas laisser sans vengeance la mort d'un de leurs chefs les plus chers, jurèrent de ne plus épargner aucun Huron qui tomberait en leurs mains.
Outre le P. Buteux, dont on a parlé plus haut, ils firent de nombreuses victimes à Montréal, aux Trois- Rivières et en divers endroits. La perte la plus sensible fut incontestablement, le dix-neuf août 1652, la défaite et la mort de M. Du Plessis-Bochart, gouverneur des Trois-Rivières, qui, avec une cinquantaine de Français et quelques sauvages, avait eu l'imprudence de poursuivre dans les bois les insolents maraudeurs. Il y perdit la vie avec une quinzaine de ses gens. Plusieurs autres, faits prisonniers, furent réservés pour les supplices. (2)
La côte du Cap-Rouge, extrêmement exposée aux coups de ces barbares, fut souvent le théâtre de drames sanglants. Ainsi, le onze mai 1650, sur les quatre heures du matin, deux Français étaient massacrés près l'habitation de Jacques Maheu, et celle-ci livrée ail pillage. (3)
1 Journal, XXXVII, 106-108 ; Rel., 1652, p. 34— ; Ferland, I, 404, s, où l'on fait remarquer que les registres des Trois-Rivières portent la date du 4 juin .
2 Ferland, I, 405 ; ReL, 1652, p. 35 ; — Lettres de M. de V Incarnation, I, 463, ss.
3 Journal, XXXV, 40. Nous n'avons pu déterminer d'une manière certaine le site de la concession de Jacques Maheu. On voit cependant dans un acte d'Audouart, 13 janv. 1651, la concession d'un
Le P. Lalemant écrit à ce sujet : " Cette tnesme il année 1650, le désastre étant arrivé vers le Cap-Rouge " chez Jacques Maheu et chez Petit (T), M. le gouver- " neur désira que ceux du Cap-Rouge vinssent loger en " deçà, il donna à entendre qu'il fallait que ce fût sur les " terres des sauvages, faisant un crime d'estat si cela " n'estait. Il prétendait au fond des remparts pour sa " maison de Coulonge : mais comme cela pouvait servir " à affermir Sillery par le voisinage, je mis la chose en " consulte à Sillery et à Québec. Nos pères jugèrent à " propos d'y consentir." (2)
Ainsi s'expliquent les nombreuses concessions, dont on a déjà dit un mot, faites par le P. Dequen en 1652 dans la seigneurie de Sillery. M. d'Ailleboust songeait à protéger sa maison de Coulonge, et, comme cela contribuait en même temps à rendre plus sûr le fort de Sillery, les pères y donnèrent volontiers les mains.
L'année suivante, 1651, Nicolas Pinel, un autre habitant du Cap-Rouge, dont la terre était voisine de celle d'Etienne Dumetz, la dernière à l'ouest, pas loin de la
arpent de terre désertée à Antoine Martin, entre Jacques Maheu et Chs Gauthier dit Boisverdun. La concession de Gauthier était à mi-distance entre la seigneurie de Sillery et la rivière du Cap-Rouge. On lit Gaulin, par erreur de copiste, sur le cadastre de 16S5. — Dans un inventaire du 25 juillet 1663 pour feu Jacques Maheu, par-devant Audouart, se trouve le titre d'une terre de douze arpents de front (?) au lieu appalé le Cap-Rouge ; acte de Tronquet, 2 avril, 1646.
1 Ive Petit avait une terre à " l'embouchure de la petite rivière " dite la cabane aux taupières en tirant vers le sieur Giffart, " à lui concédée le 6 avril 1647 par les Jésuites. Il la céda à Mathurin Franchetot le 5 avril 1651, et celui-ci à Christophe Crevier le 19 nov., r Audouart, dates citées. Le Journal, XXXV, 42, dit que " l'homme 11 de Petit fut massacré " sur Les terres des Jésuites à Beauport.
2 Document aux archives du collège Sainte-Marie à Montréal.