‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 169 sur 295 · CHAPITRE VINGTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTIÈME

rivière, fut surpris dans son désert avec son fils Gilles " par deux Iroquois qui pensèrent les prendre vivants." C'était le vingt-sept avril sur les sept heures du soir. " Maître Nicolas et son fils se précipitèrent de peur, aval " la montagne, pour se sauver." Boisverdun, dont l'habitation n'était pas éloignée, tira sur ces Iroquois sans les blesser. Ils se réunirent à d'autres près de la maison de René Mézeré, surnommé Nopce, deuxième voisin de Boisverdun, du côté de Sillery, et u tirèrent un coup " d'arquebuse dans la porte de la maison. La nuit les " chiens ne firent qu'aboyer à la coste Sainte-Gene- <' viève. " (D

Nicolas Pinel, qui avait été, comme on a dit, fermier à Monceaux, en 1650, obtint une concession au fort Saint François- Xavier, à côté de Mathurin*Trut, le vingt-trois janvier 1652, (2) sans doute pour se mettre à l'abri d'aussi désagréables aventures.

Le dix juin 1653, François^Boulé, surnommé le Petit homme, (3) était à travailler dans son champ, qui touchait à l'est celui de René Mézeré, lorsqu'il fut frappé de trois coups de feu, à l'estomac, à l'aine et à la cuisse, puis scalpé. (4) Son autre voisin Pierre Gareman, surnommé le Picard, eut un sort encore plus triste, puisqu'il fut pris vivant avec son fils Charles, âgé de huit ans, et un jeune homme du nom [de Hugues Le Cousturier, et

1 Journal, XXXVI, 120.

2 Greffe de Godet, 23 janvier. Ainsi Nicolas Pinel ne mourut pas d'un coup d'arquebuse le 27 avril, 165 1, comme le dit Tanguay. Au reste le Journal ne dit pas cela. Il mourut le 2S sept. 1655 . Rég. N.-D. de O.

3 Presque tout le monde avait alors un surnom, La fraicheur La framboise, La fortune, La montagne, Le Picard, Danse-à-1'ombre, Nopce, etc.

4 Journal, XXXVIII, 174, 10 juin. 1653.

réservé à ces effroyables supplices si souvent décrits. Charles dut la vie à son jeune âge et fut plus tard délivré. 0)

Un acte d'Audouart, du vingt-six mars 1656, nous permet de déterminer — ce qui ne manque pas d'intérêt — le lieu précis où étaient les terres de ces premiers habitants de Sainte-Foy, victimes de la fureur des Iroquois. C'est un contrat par lequel René Mézeré, François Boucher, e1 Mathurin Trut, tous trois gendres (2)et héritiers de Gareman, cèdent à Etienne Le Tellier, une habitation à la Côte du Cap-Rouge, de quatre arpents de front sur douze et demi de profondeur, bornée d'un côté aux terres de ci-devant François Boulé et de l'autre à Nicolas Chaigneau, d'un bout au fleuve et de l'autre à la grande ligne de Québec au Cap-Rouge. Chaigneau était voisin, à l'ouest, de la seigneurie de Sillery. (3) Pierre Gareman

1 II épousa, en 1676. Marie Ganentenne. Sa fille Louise, filleule de Frontenac, mourut chez les Ursulines en 1683.

2 Mézeré, d'après le liber baptisatorum était marié à Nicole Gareman, surnommée la Picasse, ib. 5 juillet 1648 ; — est-ce le féminin de Picard ? Nopce devait en être au moins à ses secondes noces : il avait épousé en 1641 Hélène Chastel. Notes, règ.^ de X.-D. p. 59. La femme de François Bouclier était Florence Gareman, et celle de Mathurin Trut, Marguerite G. Lib., bapt.y 9 oct., 1654, 20 août 1664.

3 Terre vendue d'abord à Guillaume Féniou puis à Marin Pin. Il est bien vrai que dans les titres de concession de la seigneurie de Gaudarville en 1652 et 1653, on semble donner Antoine Martin dit Montpellier comme premier censitaire de cette seigneurie. Mais celi

dû sans doute à ce que Parpentage n'avait pas été fait. Un acte de R geot, S avril 1667, rend le doute impossible sur le site précis de la terre Montpellier. Voici en substance cet acte très important ; " Phili] Neveu, bourgeois de Québec cède à Jacques Bertheaume. habitant du Cap-Rouge, la moitié par indivise d'une concession située sur la S

gneurie des sauvages, de quatre arpents de front sur le fleuve Saint- Laurent jusqu'à la route Saint-Ignace, et la moitié des terres qui y sont défrichées et désertées, tenant d'un côté à feu Antoine I.e P

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