‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 173 sur 295 · CHAPITRE VINGTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTIÈME

ance leurs amis et leurs parents. Cet avis si sage prévalut. Les prisonniers sont amenés dans l'assemblée, on coupe leurs liens et on leur annonce qu'ils ont la vie sauve, qu'ils peuvent se livrer à la joie comme s'ils étaient au milieu de leurs frères.

Après quelques jours de réjouissances, deux des captifs furent renvoyés, au commencement de décembre dans leur pays avec des messages de paix. Ils revinrent à la fin de mai 1653, accompagnés de deux anciens de leur nation.

Dans une grande assemblée, plusieurs colliers furent offerts, pour aplanir les chemins, pour rappeler les anciennes alliances, remercier de la liberté rendue aux prisonniers. Une riche ceinture ornée de grains de porcelaine signifiait que les nations présentes pourraient à l'avenir chasser ensemble le castor et l'élan.

Deux grands calumets, faits d'une pierre verte et polie, voulaient dire que les nouveaux alliés devaient à l'avenir n'avoir qu'une même respiration comme ils n'avaient qu'une seule âme. Négabamat dans sa harangue remercia les ambassadeurs et les loua de l'amour qu'ils avaient montré pour la paix.

La cérémonie fut couronnée par des chansons et des danses. Cette paix était le prélude d'une autre plus importante et bien inespérée.

Le vingt d'août 1653, au moment que le P. Poncet et Franchetot étaient faits prisonniers par les Iroquois, cinq cents Agniers assiégeaeint depuis huit jours les Trois-Rivières. Les Français de Québec qui s'étaient

mis à la poursuite des ravisseurs, l'apprirent au Cap de la Madeleine, et, dans l'impossibilité d'exécuter leur dessein, se rendirent au fort pour prendre part à la défense. U)

Peu de jours auparavant, à Montréal, un chef huron, Aouéaté, avec trente de ses gens, avait surpris dix-sept Agniers qui, cachés derrière l'île Sainte-Hélène, guettaient le moment propice pour fondre sur des Français occupés à la fenaison. (2) Un avait été tué, quatre faits prisonniers et le reste mis en déroute.

Ces nouvelles portées aux assiégeants des Trois-Rivières, par une jeune Huronne dont le père était avec eux, les détermina, lorsqu'on se croyait au plus fort de la guerre, à faire des propositions de paix. Ils donnèrent des preuves de leur sincérité en laissant passer au milieu d'eux, et même en traitant avec honneur, Aouéaté qui descendait avec ses captifs. Une des premières conditions du traité fut la mise en liberté du Père Poucet. La paix fut signée au mois de septembre en grande pompe, avec force harangues accompagnées de colliers de porcelaine. Le P. Ponoet, ramené au mois de novembre par sept Iroquois chargés de présents pour les Français, donna l'assurance de leurs bonnes dispositions. (3 Le pauvre missionnaire avait eu à passer par la bastonade et les tortures, mais, plus heureux que d'autres, il n'avait perdu qu'un doigt. Les Hollandais, chez qui il avait 1 conduit par ses geôliers, Payaient reçu avec beaucoup de charité, pourvu de vivres et de vêtements. Il portait

1 Joui iiaL loc. cit., p. 192.

2 laid, 21 août.

3 AV/., [653, ch. V, entier, p. 17, 24. D'après le />/////■ arriva à Montréal le -1 1 octobre, et à Québec le 4 nov.

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