CHAPITRE VINGT ET UNIÈME
C'est le fief de Gaudarville. Il est temps d'en parler.
Il fut concédé le huit février 1652, par Jean de Lauson, gouverneur de la Nouvelle-France, à son fils, Louis, déjà seigneur de la Citière (x), et de Lauzon, et fut nommé Gaudarville en mémoire de feue Marie Gaudart, mère du concessionnaire.
D'après le titre de concession, la seigneurie était bornée au sud par le chemin qui va de Québec au Cap- Rouge, à l'est par Sillery, et à l'ouest par la rivière du Cap-Rouge. Elle avait environ quarante-cinq arpents de front sur quatre lieues de profondeur. (2)
Le chemin de Québec au Cap-Rouge la séparait u des fermes déjà exploitées par Antoine Martin dit " Montpellier, Nicolas Chaigneau, Pierre Gareman, k' François Boulé (3), René Mézeré, Charles Gautier dit " Boisverdun, Guillaume Boisset, Pierre Gallet, Jacques " x\rchambault, Nicolas Pinel et Etienne Dumetz." (4)
1 La Citière était vis-à-vis de Mantréal, au sud du fleuve, là où est aujourd'hui Longueil. La seignenrie de Lauzon est bien connue. Voir VHist. de la seigneurie de Lauzon par M. J.-E. Roy, I, p. 81, ss.
2 Voir le titre de concession de 1652, avec l'augmentation en 1653 pièces XVI et XVII, à l'appendice. Voir Tenute Seigneuriale, titres de concession, vol. I, p. 383, 384, 385.— Imprimerie Fréchette, Québec,
3 Les deux victimes des Iroquois dont on a parlé .
4 Plusieurs de ces noms un peu défigurés se retrouvent sur le cadastre de 16S5. Ainsi Nault pour Nos ou Nosse, i. e. René Mézeré ; Gaulin pour Gautier, Bouchelte pour Bouchet ou Boucher.
Nous avons mis dans le texte Nicolas Pinel pour Ruel, que présente le document imprimé. Ces corrections, basées sur les actes des notaires de l'époque, sont certaines. Ainsi, greffe d'Audouart, 7 nov., 1652 : " Concession à Jacques Archambault entre Nicolas Pinel et Pierre Gallet."
Il n'est pas sans intérêt de noter dès maintenant que tons ces anciens habitants de Sainte-Foy sont nommés, comme on verra mieux plus tard, dans l'aveu et dénombrement de Gaudarville en 1668, précisément dans l'ordre qu'occupaient leurs terres sur le bord du Saint-Laurent, à partir de la ligne de Sillery jnsqu'auprès de la rivière du Cap-Rouge, dont la terre de Dumetz était à peine éloignée d'un arpent.
En outre, selon la remarque déjà faite, la terre d'Antoine Martin dit Montpellier était en réalité dans la seigneurie de Sillery. (J)
L'année suivante, le quinze novembre 1653, toutes ces terres furent annexées au fief de Gaudarville.
Parmi les motifs de ces vastes concessions, les actes font mention de la volonté bien arrêtée du dit Louis de Lauson " de s'habituer en la Nouvelle France et de faire " défricher, déserter et ensuite habiter le plus de famil- " les qu'il lui serait possible " afin de peupler cette vaste province, et de la fortifier contre ceux qui la voudraient attaquer, aussi la résolution du dit seigneur de Gaudarville de construire quelques redoutes pour défendre ces lieux exposés, par l'éloignement de tout secours, aux irruptions des Iroquois et menacés d'un abandon complet
1 Voir plus haut p . 296, l'acte de Rageot du S avril, [667, qui y est analysé. — Il avait pour voisin à l'est Claude Bouchard, qui avait aussi quatre arpents de front et touchait à Jean Hayot. Bouchard vendit sa terre à Jean Gilbert, 6 août, 1656, (Audouart). Elle ensuite à Antoine Le Boesme dit Lalinie (Rageot, 8 avril [667. | Cefl deux propriétés et une partie de celle de Jean Hayot, n09 357 du cadastre, appartiennent aujourd'hui à la famille Neilson. ( sur la terre de Jean Hayot que se bâtit le pont de Québec. S'il pouvait revenir à la vie !