CHAPITRE VINGT ET UNIÈME
par la mort ou la captivité de quelques-uns de ceux qui s'y étaient établis et la désertion des autres. (T)
Dès l'année suivante Louis de L,auson, peu confiant dans la durée de la paix signée par les Iroquois, tentait d'exécuter ses engagements, comme en fait foi une convention du dix-neuf avril 1654, passée par-devant Jean Durant, notaire, (2) entre lui et quelques habitants du Cap-Rouge.
C'étaient pour la plupart les mêmes qu'on vient de nommer : Jacques Archambault, Guillaume de Boysse (3) André Renault,(4) Charles Gautier dit Boisverdun, François Boucher, (5) René Mézeré et Antoine Martin dit Montpellier.
Pierre Gareman et François Boulé ne paraissent pas,
1 Titre de concession, à l'appendice.
2 Une copie de ce document appartient à la famille Duchesnay, propriétaire aujourd'hui de Gaudarville et de Fossembault. Elle a été communiquée à M. J.-E.-Roy, d'après lequel nous l'analysons. Hist. dit la Seigneurie de Lauzon. I, 117, ss.
3 Nommé Boisset dans le titre de concession.
4 Le document porte Nault André. L'inversion est évidente et il faut lire certainement André Renault, nom que portent tous les autres vieux documents. Ainsi, dans l'aveu et dénombrement de Gaudarville, 2 janvier 1668 ; dans les recensements de 1666, 1667. Dans un inventaire de Duquet, 11 décembre. 1669, après la mort de Madeleine Marauld, veuve de Nicolas Pinel, que Renault avait épousée en 1659, il est dit que Renault " était sur sa terre six ou sept ans avant son mariage avec la dite Maraude : ce qui nous reporte précisément à 1652 ou 1653. Les anciens contrats portent souvent Madeleine Marault. Il faut peut-être lire Maraude au lieu de Maraude ou de Maranda donné par Mgr. Tanguay.
5 Le document porte Bourque. Ce n'est qu'une faute d'impression ou de lecture. Le titre de 1652 donne Boucher et ainsi beaucoup d'autres pièces anciennes que nous avons vues. Voir liber baptisatorum, 29 sept. 1648. Un enfant de Frs Boucher et de Florence Gareman est baptisé par le P . Druillètes.
et pour cause : quelques mois auparavant, comme on a dit, ils avaient été victimes de la fureur des Iroquois. C1)
Le seigneur accordait à ces colons, pour être mise en valeur eu commun, la concession qui avait appartenu au défunt François Boulé, à charge, outre les droits ordinaires de lods et ventes, saisine et amende, d'un denier de rente par arpent, et d'une somme de quatre cent dix livres une fois payée. Les censitaires, reconnaissant le danger qu'il y avait pour eux et leurs familles à rester et à travailler isolés, s'engageaient pour trois ans, sous le bon plaisir du gouverneur et d'après l'avis de M. d'Ailleboust, de Jean Juchereau, sieur de Maure, et de Jacques Maheu, à demeurer ensemble dans le fort ou réduit qui serait fait ou loué sur cette concession, ou celle de Pierre Gareman, dont ils devaient aussi faire l'acquisition, et à aller au travail ensemble, avec leurs armes, sous le commandement d'Antoine Martin dit Montpellier qu'ils choisissaient pour chef.
Ils mettaient en outre en commun une partie ou la totalité de leurs propriétés particulières, devaient fournir de bonnes semences et recevoir une part de la moitié des récoltes, en proportion des terres ainsi mises en commun ; l'autre moitié serait divisée en parts égales pour les travaux de labour et d'ensemencement.
Il leur était loisible d'agrandir, défricher, ou défaire défricher les terres dont ils s'étaient réserve l'usage, pourvu que la communauté n'eût pas à en souffrir.
Ils ne pouvaient s'absenter du travail, et du fort, sans permission du commandant ou sans avoir mis un homme à leur place, et cela sous peine d'amende et de confiscation non seulement de leur part dans les deux
1 Supra, p 295, s.