‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 18 sur 295 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

l'entrée d'un grand fleuve, précisément cette ronte de POuest qiPil cherchait. Revenu avec trois navires Pannée suivante (1535), deux sauvages, Taignoagny et Domagay?, qu'il avait pris à Gaspé, en 1534, la lui indiquèrent disant que c'était là le " chemin et commence- *' ment du grand Silenne, de Hochelaga et chemin de u Canada" (0

CARAVELLES DU XVeme SIECLE

On comprend sans peire la joie du hardi navigateur et son admiration à la vue de ce fleuve géant, large, sur un long parcours, de plusieurs lieues et profond comme une mer.

1 Ce n'est pas ici le lieu de raconter au long les deux premiers voyages dont on trouve le récit dans Garneau, Ferland et surtout dans les deux ouvrages de M. N.-E. Dionne et de M. Pope.

l6 PREMIÈRE PARTI?:, 1541-1670

Le premier septembre, il découvrait l'embouchure du Saguenay, et, le quatorze, jetait l'ancre à l'entrée de la rivière St-Charles, qu'il nomma Sainte-Croix, à cause de la fête de l'Exaltation de la Croix célébrée ce jour-là.

Avec son plus petit navire, l'PJtnerillon, il remonta le fleuve, et ce ne fut pas sans un légitime orgueil qu'il put, le deux octobre, de la cime du Mont-Royal, jeter ses regards sur l'immense et belle contrée qu'il venait d'ouvrir à sa patrie et à l'influence bienfaisante de la foi.

Car la France et la Religion, pour ces héroïques marins, se confondaient en un même amour, et le désir d'étendre le règne de Jésus-Christ n'était pas une lettre morte consignée dans les patentes délivrées par le roi, (J) il était gravé comme sur le bronze dans ces cœurs de Bretons.

L'hivernage dans le petit fort Jacques-Cartier, sur la rive gauche du Lairet (2), à son point de jonction avec la rivière Saint-Charles, fut désastreux. Outre les menées hostiles des sauvages, cause d'inquiétudes continuelles, les équipages, décimés par le scorbut, perdirent vingt-cinq hommes et furent réduits à la dernière extrémité.

1 Voir le texte des lettres patentes émanées en faveur de Cartier à son troisième voyage — Pope. Cartier, supplém. p, [53, ss. N.-E. Dionne /. C. p. 99. Quant à savoir s'il y avait des prêtres avec Jacques Cartier, bien que les raisons pour le nier ne soient pas sans valeur. L'affirmative nous semble préférable. Outre les noms de Hoir. Guillaume le Breton et de Dotn Anthoine, sur le rôle d'équipage, et la mention d< la messe à plusieurs reprises, est-il moralement possible qu'un

si grand nombre de chrétiens aient entrepris sans aumôniers une expédition de quinze mois, pleine de dangers? M. Pope, ■ ■/>. cit. p. 65, ss. doute. M. N.-E.Dionne. Jacq ue& C irtiet 'affirme, p. .,s.;. sa, et p. 121-

2 M. N.-E. Dionne. Jacques Cartier, p. 253,8a

Page 1