‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 187 sur 295 · CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME

sans parler d'une lacune de près de deux ans,-i 654- 1656 — , (1) dans les années qui en restent jusqu'à 1668, ne touche plus à notre sujet qu'en un petit nombre de passages.

Cependant guidé par ces indices, à l'aide de ce que nous pourrons trouver ailleurs, nous raconterons les destins de la célèbre bourgade jusqu'à la ruine des Algonquins en 1670. Après l'arrivée des Abénakis en 1675, elle aura un regain de jeunesse que de précieux documents nous permettront de décrire. Mais ce ne sera que pour un petit nombre d'années et bientôt viendra le déclin sans retour.

A la fin de 1653, à l'occasion du traité de paix dont il a été question plus haut, plusieurs tribus sauvages étaient rassemblées à Sillery, et l'un des ambassadeurs offrit six colliers, un à chacune des nations avec lesquelles il voulait faire alliance. Au reste c'était, surtout pour les chrétiens, un lieu de rendez-vous naturel et ils s'y trouvaient parfois réunis en grand nombre.

Si l'on s'en rapporte aux courtes notes qu'écrivait en 1762, plus d'un siècle après les événements le P. Etienne Girault de Villeneuve, alors missionnaire à la Jeune-Lorette, (2) beaucoup de Hurons seraient venus s'y fixer mêlés aux Algonquins dès 1641 : " Il y avait, dit-il, u déjà alors (i65i)des Hurons en assez grand nombre qui " étaient établis à Sillery depuis environ une dizaine

1 Du 5 février 1654 au 22 octobre 1656. Cette partie rédigée par le P. Demercier sur des cahiers séparés est perdue avec les années qui ont précédé 1645 et suivi 1668. Cette ;perte est bien regrettable. La relation de 1655 a aussi été perdue. Voir les lettres qui suivent la tel., de 1654, et Ferland, I, 419.

2 Voir N.-D. de Lorette, par M. l'abbé Ijndsay p. 25.

" d'années. C'étaient des Hurons qui aimaient la vie tran- " quille, et qui depuis qu'en 1637 on avait bâti à Sillery " une maison pour eux et pour les sauvages des autres " nations, qui voudraient s'y retirer, étaient venus peu " à peu s'y établir et y formaient un village assez consi- " dérable. "

Les relations contemporaines, qui notent bien l'arrivée des Attikamègues en 1643 (I) et le passage de quelques Hurons, de ci de là, ne mentionnent pas le fait, l2> d'ailleurs tout à fait vraisemblable. Ces Hurons, d'après le même missionnaire, (3) suivirent, en 1651, les débris de leur nation à l'Ile d'Orléans. Quelques-uns restèrent peut-être ou revinrent prendre part au traité de paix de 1653, avec les Sokokis, les Algonquins, les Montagnais et les Attikamègues.

Parmi les chefs il n'est plus guère question de Jean- Baptiste Ekhinechkaouat. C'est que, moins doué de cette éloquence naturelle tant prisée des sauvages, il était effacé par son collègue Noël Négabamat. La dernière fois que les relations en parlent, c'est pour citer un trait de sa foi naïve récompensée d'une manière qui tient du prodige : (4) " Etant malade à la mort dans les bois, sec " et décharné comme un squelette, il se fit préparer une ;i médecine, composée de je ne scay quelle escorce et de " brins de sapin infusés dans de l'eau tiède. Il prend " en main cette médecine, et s'adressant à Dieu il luv " dit : Toy en qui je croy et que j'honore, tu as fait " escorces et les feuilles, qui sont les ingrediens de la

1 Supra, p. 168.

2 Relations, éd. Burrows LXX, p. 206.

3 Ibn\.

4 AV/., de 1654, p. 32. Parle P. Lemercier.

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