CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME, 1661-1667 4OI
Pour Jean Le Mire, il y a lieu de douter. Bien que placé par le recensement parmi les habitants de la côte Saint-Ignace et nommé peu avant Denis-Joseph d'Auteuil, nous savons qu'il avait vendu dès 1652, (r) à Julien Quantin, la terre que lui avait concédée le P. Dequen, le vingt-trois janvier de la même année. Il avait épousé Louise, fille de Nicolas Marsolet, et fut père de seize enfants dont aucun, chose singulière s'il avait habité le voisinage de Sillery, ne fut baptisé dans l'église de la bourgade. En 1666 il était à Québec et fut élu syndic au mois de mars 1667. Il nous semble donc qu'il occupait plutôt, dans ce temps-là, une terre qu'on trouve sous son nom, dans un plan ancien, (2) à l'est du domaine appelé Saint-Denis.
Il était maître-charpentier et originaire de Saint- Vivier, évêché de Rouen. Il mourut en octobre 1684.
De même, à la côte Saint-Michel, faudra-t-il retrancher les noms de Jean Bourdon, de la Chesnaie, de Noël Morin, de Louis Sédillot, de Nicolas Bonhomme, d'Antoine Rouillard et de la veuve Gloria, comme appartenant certainement à Saint-Jean ou a Saint-François. Peut-être faudrait-il ajouter Jean Larchevêque, mais, comme on le rétro ivera dans l'aveu et dénombrement de Gaudarville en 1668, nous lui faisons grâce.
Ainsi, sauf Nicolas Gaudry et Barthélémy Gaudin,
1 Rageot, 17 juillet 1667, où l'on réfère à deux actes de Godet de 1652 et à un acte d'Audouart, du 20 sept. 1654, par lequel, Quantin cédait à Etienne de Nevers la terre de Le Mire. L'acte de 1667 est la vente de cette terre à Routier.
2 Plan des fiefs de Saint-Michel et de Coulonge publié par M . Ern. Gagnon dans son étude sur Spencer Wood, (Rapport des Travaux-publics, 1699) et dont il a eu l'obligeance de nous prêter la planche.
que nous rencontrerons plus loin, l'un à la cote Saint- Michel et l'autre, dès 1669, (J) à la côte Saint-Ignace, nous n'avons pas à nous occuper des autres qui ne peuvent être comptés parmi les anciens habitants de Sainte- Foy. La part de la vieille paroisse reste encore assez belle !
De 1646, 1652 et 1654, dates des premières concessions, à 1666 et 1667, l'intervalle n'est pas long, et pourtant combien de ceux que nous avons rencontrés dans les pages précédentes ont disparu !
En suivant le rang du fleuve, de la ligne de Gaudarville à Sillery, le premier colon, Antoine Martin dit Montpellier, qu'on a vu choisir en 1654 comme chef des censitaires de Gaudai ville, dans leur convention avec Louis de Lauson, pour se défendre des Iroquois, (2) était mort depuis plusieurs années. Il était à la fois cordonnier et soldat et avait épousé en 1646 Denise Sevestre. Le Journal remarque u qu'à ses noces on dansa une espèce de ballet ; savoir cinq soldats. " (3)
Quatre mois après sa mort, arrivée au mois de mai 1659, sa veuve épousa (4) Philippe Nepveu, tailleur, originaire de Chartres, que le recensement de 1667 range parmi les habitauts de la côte Sillery, et lui apporta la moitié de la terre de son premier mari. (5)
1 Acte de Duquet, 20 dec. 1669. Claude Camus, femme de Claude Charron, donne à ferme à Dominique Millo dit Lelorrain, pour trois ans, une terre à la côte S. Ignace, " joignant d'un côté Pierre Pluchon et de l'autre Barthélemi Gaudin."
2 Suprà, 309, ss.
3 Journal, 18 juin, XXVIII, 202.
4 Le 4 août 1659. Antoine Martin fut inhumé le u nui Tanguay.
5 Voir suprà, p. 296, note 3, l'acte de vente à Jacques Bertheaume, Rageot, 8 avril 1667. On voit par laque le recensement