CHAPITRE VINGT-HUITIÈME, Ï
Il y avait neuf cent soixante dix-sept arpents en culture «et cent soixante et dix têtes de bétail.
Et maintenant que sont devenues toutes ces belles terres que nous venons de voir arrosées de sueurs et de sang français, possédées pendant un siècle, deux siècles, par les descendants des pionniers français, sur les bords du grand fleuve, depuis Gaudarville jusqu'àl 'anse de Sillery ? Sauf quelques minces lambeaux, aucune ne leur appartient plus l Et il en est de même jusqu'à la Pointe-à-Puiseaux. Les concessions d'Antoine Martin et de Claude Bouchard, on l'a dit, sont depuis le commencement du XIX siècle à la famille Neilson, avec une partie de celle de Jean Hayotl1) L'autre partie, (2) excepté deux petites enclaves, (3) est la propriété de M. Nazaire Jobin. Les descendants de Jean Routier n'ont plus qu'une bande étroite des cinq ou six arpents de front que possédait leur ancêtre, et dont la plus grande étendue appartient aujourd'hui aux héritiers Roberts. Ensuite, à l'exception de quelques petites terres, débris de la concession morcelée de Nicolas Patenotre, on ne trouve plus que des noms d'origine étrangère. A lui seul, M. G. Stuart possède sur une largeur de près de quinze arpents toute la plus belle partie des anciennes concessions de Jean Noël, de Pierre Masse, de Claude Charland, de Gilles Hénart, et de Jean de la Rue, devenues plus tard les propriétés des Migneron, des Ginguereau et des Dubois-Morel. (4) Sur les terres de Jean Jobin, de Nico-
1 Nos 271, 356, 357 du cadastre»
2 No 273.
3 No 272, héritiers Gab. Giroux; No 274, M, Jean Petitclerc.
4 No 346, du cadastre. Le haut de ces terres appartient à M . Herring, no 290 ; à MM. Doolan, nos 291, 292 ; aux héritiers de Pierre
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las Goupil, passées ensuite aux mai 11s des Liénard- Durbois puis des Hamel, on trouve à cette heure les Morganr (r) les Temple, (2) les Copeman, (3) les Sommerville, (4) les Sharples, (5>) les Fraser, (6) et les Corrigan. (7) Un canadien-français M. Antoine Vézina occupe la terre de Nicolas Pelletier. (&}
De ces familles, plusieurs sont catholiques et quelques-unes, comme les Sharples et les Neilson, illustres dans les annales de la bienfaisance à Sillery et à Sainte- Foy, Ces derniers, alliés à la vieille famille des La Naudière (9) et aux Hubert, qui ont donné un évêque à l'église de Québec, ont ainsi cimenté, par les liens du sang, l'amitié six fois séculaire que les enfants de Pantique Calédonie, même après qu'un roi d'Ecosse eût mis sur sa tête la couronne d'Angleterre, ont fidèlement gardée à la vieille France.
Si en pareil cas, nous n'avons rien perdu, il n'en faut pas moins déplorer l'effacement, la disparition de tant d'anciennes familles canadiennes-françaises.
Roy, 287 ; â M. Carswell, no 298 (ancienne propriété de Villers > Il y a en outre quelques lopins minuscules, appartenant à d'autres : l'un est le site de la maison d'école de cet arrondissement.
1 No 307 .
2 No 345.
3 No 299,
4 No 306.
5 Nos 339, 340, 34:, 344, etc.
6 Nos 308, 322.
7 No 309.
8 No 321.
9 M. vStuart lui-même a dans les veines du sang canadien-français, et du meilleur, puisque sa mère était une Aubert de Gaspé, fille de l'auteur des Anciens-Canadiens.