‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 231 sur 295 · CHAPITRE VINGT-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-HUITIÈME

•aucune trace. Le seigneur de Monceaux avait dix-huit têtes de bétail et cent arpents de terre en valeur : membre du Conseil souverain, il tenait sans doute à donner le bon exemple. Ses engagés domestiques, outre Guillaume Bertrand et Claude Peliet, étaient en 1666, Jacques Trie, Antoine Tapin, Jean Hardy, Charles Denis, remplacés en 1667 Par Gabriel Le Mire, Jean Girard, Noël Merlin et Jacques Forget. Claude Peliet avait sans doute une terre à lui dans Monceaux, puisque le recensement de 1667 met à son avoir huit bestiaux et vingt arpents de culture.

Nous placerons ici, faute d'autres renseignements, deux noms que le recensement mentionne immédiatement avant le sieur d'Auteuil, Jacques Lebeuf, et Louise de Boiseneuve,

Jacques Lebeuf, fils de Thomas et de Nicole Gadélie,!1) de Giray, évêché de La Rochelle, époux en 1667 d'Anne Paveleau, (2) se remaria en 1669 à Antoinette Lenoir. Deux de ses enfants furent baptisés à Sillery, Félicité, le seize mai 1670, et Pierre le onze mai 1672 (3) Il mourut à Batiscan en 1696 sans qu'on sache à quelle époque il alla s'y fixer,

Quant à Louise de Boiseneuve, c'est un personnage un peu mystérieux. Elle a avec elle quatre enfants qui portent le nom de Monicau, Pierre, Jacques, Jean, et Catherine, échelonnés, par longs intervalles, de dix-sept à deux ans. Il y a donc à parier qu'elle avait eu pour époux

1 Tanguay dit Gazelle. Il y a bien Gadelle dans l'acte de Duquet du 24 oct. 1669, contrat de mariage de Jacques L»ebeuf avec Thoinette Lenoir.

2 Tanguay dit Javelot.

3 Par le P. Ls Nicolas.

426 PREMIERE partie, ^zfi-rfSyc?

un Monican quelconque, — ou un Mon j eau. Il y a moinsloin qu'on ne pense de Monican à Monjeau, quand on se rappelle qu'alors l'i tenait lieu de j. Or on trouve précisément qu'un- nommé Adrien Tibout, du pays de Caux, épousa en 1664 une Louise de Boize, veuve de Pierre Mongeau,. de Dompierre, évêché de La Rochelle. De Boyse faire Boiseneuve, est-ce si difficile pour un recenseur, ayant un peu le goût de la nouveauté ?

Mais nous avons heureusement mieux que des conjectures, grâce à Pierre Duquet. Oh ! ces vieux notaires,, ils valent leur pesant d'or ! — ceux de nos jours également,—quand ils auront vieilli. Dans un acte du trentenovembre 1668, Duquet nous apprend que Louise Monicaude (J): — -ou Monjeaude, — épouse d'Adrien Tibout vend à André Renault une habitation proche de celle de Jean Maheust, de l'autre côté de la rivière du Cap-Rouger entre Jean Jouyneau et le nommé Antoiney meunier des PP. Jésuites.

Si c'est là qu'elle habitait en 1667, elle était bien loin de Monceaux. Il est très regrettable que le recensement n'ait pas été fait d'une manière plus sensée.

C'est ainsi qu'à l'aide de vieux papiers jaunis et à demi dévorés par le temps, on peut expliquer un mystère. Pourquoi faut-il qu'un si grand nombre aient péri î

La population du littoral, y compris la côte Saint- Ignace et Gaudarville, dont nous parlerons dans les chapitres suivants, était de trois cent soixante et six âmes.

1 Nous avons bien lu Monicaude, mais la remarque faite «Luis le texte reste vraie. C'est plutôt Monjeaude. Les femmes prêt. alors BOUVent le nom de leurs maris comme patronymique.

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