‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 237 sur 295 · CHAPITRE VINGT-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-NEUVIÈME

de ce dernier avait pour bornes celle de Jean Chesnier, maître-charpentier, à l'est, et de Jean-Paul Godefroy, époux de Madeleine Le Gardeur, à l'ouest, et s'étendait au nord jusqu'au coteau.

D'où il faut conclure que Jean Chesnier était aussi un habitant du fief de Sainte-Ursule et partant de Sainte-Foy. D'après les termes de la concession de Noël Pinguet, elle avait deux arpents de front, bornés d'un côté à Jean Chesnier et de l'autre au sieur Godefroy, voisin du fief à l'ouest. L'autre acte, daté également du neuf juillet et fait par un autre notaire, borne la concession de Noël Pelletier dans la terre de Sainte-Ursule, du côté " du nord, à Isaac Chesnier, et du sorouest, aux Ursulines." Elle était donc sur la même ligne que celle de Jean Chesnier — -Isaac est évidemment un lapsus — et ce dernier était en réalité le premier habitant de Sainte- Foy, à la côte Saint-Michel.

Il avait en 1667, trois têtes de bétail et dix arpents de cultures. Marié d'abord à Jacqueline Sédilot, et beau-frère d'Etienne et d'Adrien Sédilot, dont nous parlerons plus loin, il était remarié, lors du recensement, à Marie Gresleau. Tous ses enfants ont été baptisés à Québec, où il mourut lui-même après avoir passé quelques années à la Pointe-aux-Trembles.

Noël Pelletier n'a fait ici qu'un bref séjour, et le quinze décembre 1657, (x)il vendait à Jacques Poupin la terre à lui concédée six mois auparavant. Marguerite Deschamps, femme de Poupin et veuve de Jacques Pouppeau tué en 1652 par la chute d'un arbre, la vendit, le 18 juillet 1660, à Jean Jouyneau. Celui-ci, en décembre 1661, déclara l'avoir acquise pour Jean Neau dit Saint-

1 Greffe d'Audouart.

Crespin, qui la céda, à son tour, le 18 juillet 1662, 0 à Pierre Duval pour la somme de cent vingt livres.

Jean Jouyneau, originaire de Coigne-hors-1 es-Murs, La Rochelle, était âgé de soixante-huit ans en 1668. Dans le testament (2) de Rogère Lepage, femme de Jean- Baptiste de Mesnu, seigneur de Gaudarville, on le nomme Juneau, et sa femme est appelée Anne Vidault, au lieu de Vuideau que présente le recensement. Il obtint, le vingt-cinq avril 1663, une autre concession de soixante arpents dans la seigneurie de Sillery. Il n'est pas sans intérêt de connaître pour quelle raison. Son fils Pierre, marié en 1654, à Madeleine Duval, avait été tué l'année suivante par les Iroquois. Or il naquit de cette union un fils posthume qui fut nommé Jean- Pierre, et c'est afin de pourvoir à la subsistance de cet enfant que le vieillard entreprit courageusement de défricher cette terre. Il abattit cinq arpents de bois, mit deux arpents et demi en état d'être ensemencés à la houe, mais, " pressé par ses voisins de faire un plus grand abattis et " de tenir feu et lieu par lui ou par autre, comme il était " tenu par le titre de concession sous peine de nullité " d'icelui," et se voyant dans l'impossibilité de le faire parce que son fils ne lui avait laissé aucun bien, il résolut, le dix-sept avril 1667, du consentement de Pierre Duval, aïeul maternel de l'enfant, d'abandonner cette concession à M. de Villeray, pour la somme de trois cent quarante-cinq livres. (3) Cette somme devait être payée à Pierre Chappau, deuxième époux de Madeleine Duval,

1 laid., dates citées. #

2 Greffe de Rageot, 12 juillet, 16S4. Arch. de l'Hôtel-Dieu.

3 Tous ces détails nous sont donnés par l'acte de Rageot, du 17 avril 1667. Jouyneau était voisin de Frs Prévost. Note 2, p. :

Page 1