CHAPITRE VINGT-NEUVIÈME
Autant qu'il est possible d'en juger par les documents que nous avons étudiés, les concession de J.-B. Morin et de Nicolas Dupont formèrent ce que le cadastre de 1685 désigne sous ce nom " Les Pinguet. " C'est sur cette terre, dans la partie voisine de celle des Danetz, ou Danê, qu'en 1698 furent cédés, par Jacques Pinguet de Vaucour, Nicolas Pinguet de Targis et Joseph Pinguet de Saint- Jean, trois arpents de terre pour y construire la nouvelle église et le presbytère de Sainte-Foy. (T)
Ainsi nous nous sommes laissé entraîner un peu loin du fief de Sainte-Ursule, en voulant suivre quelques-uns de ses premiers habitants. Il est temps d'y revenir.
Gervais Buisson, comme on a dit, y obtint, en février 1667, la concession accordée en 1657 à Noël Pinguet. Gervais Buisson était, comme François Garnier, orignaire de Saint-Cosme-le-Vert, d'où le surnom de Saint-Cosme porté par une branche de cette famille, dont descendait Michel Buisson de Saint-Cosme, curé de Sainte-Foy en 171 1, mort le dix février 171 2. Aux funérailles assistait, entre autres, Jean-François Buisson, chanoine de la cathédrale de Québec (2) et fils de Gervais Buisson dont on parle ici.
Gervais Buisson avait en 1667 douze arpents de cul-
1 Nous y reviendrons plus amplement dans la seconde partie, Greffe de Chambalon, 6nov. 1698. — Donation à l'évêque de Québec ; 26 mars 1699, cession aux marguilliers de Sainte. Foy, 18 oct. 1707. autre transaction pour le même objet. Arch. de Sainte-Foy.
2 Registre de Sainte-Foy. Annexe tirée des rég. de N.-D. de Québec où fut enterré M. Michel Buisson. Ce J.-Frs Buisson fut ordonné en 1683. D'après Tanguay, un autre J.-Frs Buisson, frère de Michel, aurait été ordonné en 1690. Tous les deux seraient morts le même jour, 15 mars 1712. Le dernier ne se trouve pas dans la liste des prêtres ordonnés par Mgr de L,aval.
ture et quatre têtes de bétail. Sa femme s'appelait Marie Lereau.
Avec lui étaient ses fils Antoine, âgé de vingt ans,, et Jean-François qui nTen avait que sept, et deux filles, Marie, âgée de dix ans et Simone qui épousa plus tard Nicolas Gauvreau.
Un autre de ses enfants, René-Gervais Buisson, âgé de vingt-quatre ans, avait, sur un econcession particulière, huit arpents de terre en culture et deux bestiaux. Il avait épousé en 1664 Marie-Madeleine Boutet.
Bien que les Buisson ne figurent pas au recensement de 1681 parmi les habitants de Sainte-Foy, deux terres portent ce nom sur le plan cadastral de 1685, et la famille comptait encore des représentants dans la paroisse à la fin du XVIII siècle.
Joachim Girard, d'Evreux, époux de Marie Halle, avait obtenu, le vingt-cinq janvier 1660, de Madeleine Le Gardeur, femme de Jean- Paul Godefroy, une concession de deux arpents de front sur quinze de profondeur, joignant d'un côté le fief Sainte-Ursule, et de l'autre Jacques Gaudry. (T) Il avait en 1667 dix arpents de cultures et deux bestiaux. Sa famille n'a pas fait souche dans la paroisse.
On voit, par un acte d'Audouart, du neuf janvier 1661, que Jean Jobin donne à ferme à son neveu, Joachim Girard, pour trois ans, sa concession proche le fort Saint-François, " comprenant maison, grange, estable, " cour, jardin et terres labourables. ".
JEAN Jobin, époux de Marie Girard, le même qu'on on déjà rencontré à la côte Saint-François-Xavier, avait
I Greffe d'Audouart.
CHAPITER VINGT-NEUVIÈME, 1661-1667 445
repris cette terre en 1667 et y avait cinq têtes de bétail etdix-nenf arpents en valeur. Il faut se garder de la confondre avec celle qu'il avait naguère près du fort Saint- Xavier, occupée, depuis, par Sébastien, Liénard. C1) De même, le fort Saint -François était bien différent du fort Saint-Xavier. Dans l'acte de concession de Madeleine Le Gardeur à Jacques Gaudry, sur ses terres à la côte Saint-Michel, le dix-neuf juin 1659, on lit que, "voulant " faire profiter sa concession non habitée sise par delà " le fort Saint-François en la côte de Sainte-Geneviève," elle y accorde au dit Jacques Gaudry deux arpents de terre de front sur quinze de profondeur, entre Joachim Girard — qui partant, y était déjà à cette date— et Nicolas Gaudry. Le fort Saint-François était donc sur le coteau Sainte Geneviève. On n'en sait pas davantage. C'était probablement une de ces hautes et fortes palissades, qui servaient de refuge en cas d'alerte de la part des Iroquois, et que leurs fréquentes attaques avaient rendues nécessaires en plus d'un endroit.
Jean Jobin n'était plus à Sainte-Foy en 1681, mais sa famille y compte aujourd'hui plusieurs représentants qui, après deux siècles, y sont revenus, sans se douter que ces lieux ont été habités par leur ancêtre.
Jacques Gaudry, voisin, comme on vient de dire, de Joachim Girard, et fils de feu Pierre (2) Gaudry et de Charlotte Chevalier, avait en 1667 une tête de bétail et six arpents de culture. Sa mère, avec lui en 1666, ne paraît pas en 1667. Peut-être était-elle morte.
Jacques Gaudry avait épousé Anne, fille de Vincent Poirier, sieur de Bellepoire, et mourut en 1691.
■ 1 Audouart, 18 janv. 1656»— Voir supra p. 417. 2 Tanguay dit Jacques Gaudry .
Son frère, Nicolas Gaudry dit Bourbonnière, époux d'Agnès, fille de Pierre Morin, habitant de la banlieue, de Québec, avait quatre bestiaux et huit arpents de terre en valeur, il mourut en 1669.
Cette famille, originaire de Seings, évêché de Séez, n'a pas demeuré longtemps à Sainte-Foy mais compte encore dans le pays de nombreux descendants.
Antoine Duhamel dit Marette, voisin à l'ouest de Nicolas Gaudry, ne figure pas au recensement de 1667, pour la bonne raison qu'il était mort. (1) Il vivait encore en 1663 et 1664, puisqu'il vendit un arpent de terre de front à Jean Hamel, puis en échangea, avec le même, un demi arpent contre une égale étendue que ce dernier avait acquise de Nicolas Gaudry. L'échange eut lieu afin de réunir en une seule, les deux pièces de terre de Jean Hamel qui se trouvaient séparées par la propriété de Marette. (2)
Jean Hamel, époux de Marie Auvray, avait en 1667 dix arpents de terre en valeur. Un de ses enfants, Ignace-Germain fut ordonné prêtre en 1696. Un autre, Jean-François, marié à Anne Félicité Le Vasseur, eut une nombreuse famille dont descendent une partie des Hamel de Lorette, de Sainte-Foy et de Québec. Les autres ont pour ancêtre Charles Hamel. Jean-François était à Lorette en 1701 et dans un incendie qui dévora sa maison, au mois de Janvier de cette année, cinq de ses enfants périrent. Ils furent inhumés à Sainte-Foy. Etaient présents seuls le curé Martin et notre premier bedeau connu, Pierre Godembert. (3)
1 Voir procès-verbal de la route Saint-Michel. Bdits et ordonnances, 20 juin 1667. Conseil Souverain.
2 Greffe de Gloria, 21 oct. 1663, et 12 fév. 1664.
3 Rég. de Sainte-Foy, 8 janvier [701.