CHAPITRE VINGT-NEUVIÈME
d'Hubert Simon le chemin peur héritage, les chasser de la paroisse où, pendant deux cent cinquante ans, avaient honorablement vécu leurs pères, il a suffi d'un ivrogne ! N'est-ce pas là un crime révoltant, presque inexpiable ? Et si c'était le seul exemple !
Et nunc erudimini, peut-on dire avec le Psalmiste, maintenant instruisez-vous, vous qni lisez, et intelligite et comprenez !
Guillaume Bonhomme, époux de Françoise Haché âgé de vingt-quatre ans, avait une tête de bétail et huit arpents de terre en valeur. Plusieurs de ses enfants furent baptisés à Sillery de 1667 à 1677. H ^ut inhumé à Sainte-Foy en 17 10.
Ignace Bonhomme, son frère, omis dans le recensement des habitants de la paroisse, y avait cependant une terre, la moitié, comme on a dit ailleurs, de l'ancienne concessiou d'Antoine Martin, qu'il vendit le vingtdeux février 1668 à Charles Courtois. (1) De celui-ci, elle passa, quatre mois après, aux mains de Jacques Bertheaume, beau-frère d'Ignace Bonhomme.
Ce dernier mourut aussi à Sainte-Foy en 171 1. Il avait épousé en 1671 Agnès Morin, veuve de Nicolas Gaudry et peut-être occupa-t-il sa terre.
Cette famille, dont les descendants ont porté les surnoms de Du Lac et de Beaupré, était encore dans la paroisse à la fin du XVIII siècle.
Pierre Maufay originaire, comme les Buisson, de Saint-Cosme-le-Vert, dans le Maine, épousa Marie, fille de Pierre Duval, et fut également la souche d'une famille qui s'est perpétuée dans Sainte-Foy jusque dans les premières années du XIX siècle, et qui compte encore
1 Suprà, p. 403. Duquet, 22 fev. et 31 mai 1668.
des rejetons à Saint-Nicolas et en d'autres lieux. C'était, en 1667, un cultivateur à l'aise, ayant six têtes de bétail et dix-huit arpents de terre en valeur. Il eut douze enfants. Restèrent à Sainte-Foy, André qui épousa Marie, fille de Michel Desorsis, et mourut en 1 711, et Joseph époux de Thérèse, fille de Charles Ginguereau, frère de Sébastien. Joseph Maufay mourut jeune, de même que sa femme, et n'a pas laissé de lignée. (*) Pierre, époux de Catherine Chapeleau, y resta aussi quelque temps, mais mourut à Québec en 1715.
Nous verrons que ce fut sur la terre concédée plus tard à André Maufay, que le P. Chaumonot bâtit la chapelle dédiée à Notre-Dame de Foy, pour la bourgade des Hurons. Outre sa propre concession, Pierre Maufay, en 1667, en avait une autre, acquise, le dix-sept mars de cette même année, de Marc Duchesne, à qui elle était échue par le testament de son défunt frère, Jacques. C'était une terre de soixante arpents, accordée à ce dernier par le P. Lalemant, le vingt-cinq juillet 1666. (2) Il y avait alors " huit arpents en nature de labour et onze en bois " abattu, joignant d'un côté Guillaume Bonhomme et de " l'autre, l'acquéreur. "
Pierre Maufay mourut en 1677.
PIERRE Picher, époux de Catherine Durand et originaire de Saint-Georges, évêché de Poitiers, avait en 1667, douze arpents de terre en valeur. Il était au Cap- Santé en 1681 et n'a laissé ici aucune trace.
Etienne Sédieot dit Desnoyers, comme Adrien
1 Dans l'acte de sépulture de Thérèse Gingreau, le 10 fév. 170;. on voit que Joseph Maufay était déjà mort à cette époque. Ses deux enfants avaient été inhumés un mois auparavant.
2 Rageot, 17 mars, 1667.
CHAPITKR VINGT-NEUVIÈME, 1661-1667 45 1
Sédilot dit Brisval et Jean Sédillot dit Montreuil, étaient fils de Louis Sédilot, habitant de la banlieue, et de Marie Charrier. Leur père venait de Montreuil en Picardie, d'où le surnom porté par une partie de la famille et qui a fini par supplanter le nom véritable.
Les deux frères, Etienne et Adrien, avaient obtenu leurs concessions le dix-huit février 1663. (r)
Etienne, époux de Madeleine Carbonnet, avait dix arpents de terre en valeur en 1667. Il n'eut que trois filles. Deux d'entre elles épousèrent, le vingt-sept mars 1685, les deux frères Charles et Thomas Le Marié établis tous deux à Sainte-Foy, où leurs familles étaient encore à la fin du XVIII siècle. Sur le cadastre de 1709, (2) trois terres portent ce nom, deux dans Gaudarville et une dans la seigneurie de Sillery. Il est probable que cette dernière n'est autre que celle d'Etienne Sédilot, passée à un de ses gendres.
Adrien se donna, le douze décembre 1674, (3) avec sa femme, Jeanne Brière, et ses biens, à l'Hôtel-Dieu de Québec. Les annales du monastère (4) racontent laguérison miraculeuse de Jeanne Brière en 1675, par l'intercession de saint Jean-François Régis mort en 1640. Plus loin, on voit que la mère Anne-Marie de Coëtlogon de Saint-Charles, arrivée en 1670, n'ayant pu se faire aux rigueurs du climat du Canada, on lui permit de retour-
1 Suprà, pp. 396, 397.
2 Le cadastre de 1709, emprunté aux arch. du Séminaire de Québec sera donné dans le second volume. Dans celui-ci on donne celui de 1685 qui, du reste, s'en rapproche beaucoup.
3 Acte de Romain Becquet, cité par Duquet, 29 août 1683/Arch. de l'Hôtel-Dieu.
ner en France, et ce fut la femme de Brisval qui fut chargée de l'accompagner dans ce voyage. (0
L'Hôtel-Dieu vendit en 1675, à Nicolas Gauvreau la terre d'Adrien Sédilot. Jean Guyon ayant, le vingthuit mai 1676, fait un arpentage entre Etienne Sédilot (2) et Nicolas Gauvreau, on sait ainsi que les terres des deux frères étaient voisines et avaient deux arpents de front sur trente de profondeur.
En 1683, le contrat par lequel les époux Sédilot s'étaient donnés, personnes et biens, à l'Hôtel-Dieu, fut rompu. Les religieuses leur rendirent leurs meubles et effets et leur transportèrent une rente rachetable de soixante-quinze livres et une somme de quinze cents livres, à percevoir sur Nicolas Gauvreau, arquebusier, qui avait acquis la dite terre d'Adrien Sédilot. (3)
Etienne Sédilot, encore à Sainte-Foy en 1681, mourut à Québec en 1688 sans enfant mâle. Adrien n'eut pas de postérité et mourut en 1715. C'est leur frère, Jean Sédilot dit Montreuil, établi dans la paroisse à la fin du XVII siècle, marguillier, en 1699, qui a été la souche de la famille Montreuil, dont il reste encore ici quelques rares représentants. Marié d'abord à Marie-Claire de la Hogue en 1669, puis à Françoise-Charlotte Poitras en 1689, il éleva vingt et un enfants, une vraie famille canadienne-française des anciens temps, alliée de bonne heure aux Buisson, aux Prévost, aux Legris, aux Dorion, aux Brunet et aux Geodoin. Le nom de Montreuil est très répandu. Parmi ceux qui le portent, il devrait s'en
ï P. 108. Notes de la R. M. S. André.
2 Notes de cet arpenteur, aux arch. de la rue S. -Anne à Québec.
3 Greffe de Duquet, aux arch. de l'Hôtel-Dieu.