CHAPITRE TROISIÈME
Toujours d'après lui, Michel Gaillon n'aurait pas été le seul à finir par la corde au Cap-Rouge : il aurait eu une bonne demi-douzaine d'associés. Mais, comme la relation originale ne parle que du seul Gaillon, il vaut mieux s'y tenir : c'est assez pour notre gloire !
Au commencement de juin 1543, Roberval, laissant trente personnes au fort sous M. de Royèze, partit avec huit barques et soixante-dix hommes pour explorer le pays tant vanté du Saguenay, (x) où il espérait de trouver des mines d'or et de pierres précieuses. On ignore le résultat du voyage, mais assurément il ne trouva ni or ni pierres précieuses, et pour cause !
Une des barques fit naufrage et huit personnes, au nombre desquelles M. de Noire-Fontaine et un nommé Levasseur, de Coutances, (2) se noyèrent.
Le malheur, famine, maladie, déceptions, accidents s'attachait à l'expédition de Roberval. Aussi ce ne dut pas être sans joie qu'il vit arriver l'heure du retour, François I, qui ne pouvait envoyer les secours demandés et qui avait besoin, pour la guerre, du Petit Roi de Vimeux (3), comme il l'appelait, fort populaire en son pays, l'envoya chercher par Cartier au Canada en cette même année 1543(4) Ainsi finit cette ^entreprise mal lancée et mal conduite.
1 Relation p. 95.
2 M. Dionne, Nouvelle- France, p. 40, note.
3 Entre la Somme et la Bresle près la côte de l'ancienne province de Picardie, cf. M. Dionne, Nouvelle-France, p. 21, note I.
4 Ce 4ème voyage de Cartier est absolument indubitable et la date, du printemps à l'automne 1543, en semble bien établie par le M. le Dr. N.-E. Dionne. — Jacques-Cartier, p. 26, ss ; — M. Pope,/. C. I33-I34-
Malgré ses louables efforts et de réelles qualités, Roberval n'a pas laissé dans notre histoire le glorieux renom des Champlain et des Cartier. Les longs retards qui firent avorter ses desseins, le choix d'éléments impropres à fonder une colonie, même s'il lui fut im-
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