CHAPITRE CINQUIÈME
moues et laissant les pauvres de V Hôtel-Dieu de Paris pour ses légataires universels. Il fut inhumé sans éclat, selon son désir, dans l'église des Visitandines de la rue Saint-Antoine, sous la chapelle de saint François de Sales : les larmes des écoliers qu'il entretenait et des pauvres qu'il avait nourris firent le plus bel ornement de ses funérailles. W Saint Vincent de Paul officiait et fit l'oraison funèbre.
Une épitaphe de marbre, rehaussée d'ornements sculptés, fut placée par la reconnaissance des religieuses au-dessus de son tombeau. (2>
Lr'Eglise de la rue Saint-Antoine, étant devenue, comme on a dit, un temple protestant à la suite de la révolution, les Visitandines, établies d'abord rue Neuve Saint-Etienne-du-Mont, puis rue d'Enfer, et instruites par leurs annales de l'endroit précis où reposaient les restes de leur bienfaiteur, obtinrent, en 1835, la permis-
1 Op. cit., note 13, p. 225,
2 En voici l'inscription : Ci-gît très illustre Seigneur, frère Noël Brulart, commandeur de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, ministre d'Etat, chevalier d'honneur de la Reine régente, Marie de Médicis, et son ambassadeur extraordinaire en Espagne et à Rome, lequel, en ses emplois et négociations, a rendu des preuves signalées d'une grande suffisance, fidélité et intégrité au bien et service du roi Louis treizième, et d'un grand zèle pour la gloire de son état. Enfin excité par la lecture des œuvres du bienheureux François de Sales, il quitta le soin des affaires du monde pour employer le reste de sa vie à son salut et au service de Dieu, et penser à la mort. Il prit l'ordre de prêtrise et donna avec dispense ses biens aux pauvres, fit bâtir ce temple dans lequel les religieuses de ce monastère, pour conserver les sentiments d'une si étroite obligation, prieront incessamment pour le salut de son âme, et ont fait graver ici, avec les rares qualités de leur bienfaiteur, les témoignages de leur reconnaissance et éternelle gratitude.
Il est mort le 26 septembre 1640, âgé de soixante-trois ans. Op. cit. p. 212.
sion de les relever et transporter dans leur nouvelle chapelle, avec ceux de l'archevêque de Bourges, André Frémyotj frère de leur sainte fondatrice.
L'éditeur, en relatant le fait, (0 ajoute ce vœu bien légitime, dont les lois scélérates de 1901 rendent la réalisation si problématique : " Que de nouveaux bouleversements ne viennent pas encore les chasser de cet asile ! " Ces restes vénérables seraient plus en sûreté clans la terre hospitalière et libre de la Nouvelle-France.
Tel a été l'homme de Dieu qui a contribué de ses généreuses aumônes, à la fondation de la mission de Saint-Joseph de Sillery.
I Cependant, à date du 3 février 1902, les Visitandines n'avaient pas encore quitté leur couvent. La lettre citée nous apprend que si la révolution les a dépouillées du fruit des libéralités de M. de Sillery, elle n'a pu éteindre, dans leurs cœurs, le souvenir reconnaissant. Encore aujourd'hui, après plus de deux siècles et demi, les religieuses, à l'anniversaire du trépas du commandeur, récitent à neuf heures le grand office des morts, comme au décès d'une de leurs sœurs. Voilà des bienfaits qui ont été semés en bonne terre !
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