CHAPITRE SIXIÈME, 1637-163B J
est cependant encore solitaire et l'on voit souvent des troupes de jeunes baigneurs y prendre leurs gracieux <ëbats.
Mais quand on a doublé la Pointe-à-Puiseaux, d^où l'église de Saint-Colomb U) montre au loin son élégant profil, Panse de Sillery, avec .son pourtour marqué d'une ligne presque ininterrompue de maisons et ses quais où sont amarrés, non plus des voiliers de faible tonnage, mais de puissants vapeurs, nous offre une image de l'ancienne activité du commerce de bois qui s'y est en grande partie concentrée.
Un mille environ plus haut, saille un autre promontoire peu élevé, aux bords taillés à pic i2) : c'est ce que les vieux documents nomment la Pointe Saint-Joseph qui intéresse le plus cette histoire, parceque c'est là, dans l'enfoncement formé du côté de l'est, que le P, Le Jeune résolut d'établir la mission projetée.
On pouvait y trouver place pour quelques cultures et surtout il était aisé de faire des défrichements sur la côte assez basse en cet endroit.
Ces rivages, aujourd'hui couverts d'une population serrée, qu'y a réunie le commerce des bois de construction, étaient, à l'époque dont nous parlons, complètement déserts : à peine y voyait-on, de temps en temps, quelques cabanes indiennes.
L'anse Kamiskoiia-Otiangachit, plus tard appelée par les Abénakis, Makwarnki, ou terre à tuf, (3) faisait
1 C'est le vrai nom, bien que les cartes donnent S. Colomban.
2 Voir la description de M. Ferland, brochure citée, p. 26.
3 Voir Catéchisme des Abénakis. — Archives du séminaire, fonds Verreau, boîte 15,
d'abord partie d'une concession accordée en 1635 à Noël Juchereau, sieur des Châtelets, et à son frère (0 Jean Juchereau, sieur de Maure, entre le Cap Diamant et le vallon du Cap-Rouge. (2) Mais en 1636, M. de Monttnagny, " trouvant que cette concession touchait de trop u près à la ville, et jugeant qu'il était mieux de laisser u une banlieue, où aucun fief ne serait concédé et où " toutes les terres seraient tenues en la censive de la M compagnie de la Nouvelle-France ; (3) pour cette raison, " déplaça la concession du dit sieur de Maure et de son " son frère, feu (4) Noël Juchereau, sieur des Châtelets, " dont il était l'héritier, et lui donna en retour, de l'autre " côté de la rivière du Cap-Rouge, une étendue de terre " égale à celle dont on a fait ci-dessus la description."
Le trois juin 1637, le même gouverneur concédait, sur ce territoire réservé, mais cette fois avec cens et rentes, des terres assez étendues à François Derré de
1 II y afather dans le texte : c'est un lapsus.
2 Voir I\ apport de M. Douglas Brymner sur les archives du Canada, 1885, p. 31 — Nous avons l'édition anglaise que nous traduisons.— En étudiant le greffe d'Audouart, nous avons trouvé un " in- " ventaire fait chez M. de Maure pour feu M. des Chastelets, le 7 " octobre 1649. " Dans la liste des papiers se trouve celui-ci : " Pre- " mièrement ung tittre en forme de concession de terres accordé et " conceddé à deffunct Noël Juchereau, à sçavoir à prendre dès le cap
" au Diamant jusques au delà du vallon du Cap- Rouge, la ditte
" concession dattée du 15 esme de janvier 1635, signé Lamy . " A la place des points il y a deux mots illisibles.
3 Cependant on verra plus bas que des fiefs furent concédés à ce même endroit à M. de Puiseaux en I637, mais ce n'étaient pas «1l> fiefs nobles.
4 11 ne mourut qu'en 1649, pendant un voyage eu France. Ibid — , p. 32. . Il vivait donc encore en 1636, mais était mort quand fut tait Pacte de foi et hommage en 1667. 11 intervient en 1644 dans un ;icte authentique, qui mit fin au débat entre M. de Puiseaux et M. de Maisonneuve. In/ra, ch. XI.
EXTRAIT du PLAN OFFICIEL