CHAPITRE SIXIEME
Gand, (*) commis général des Cent- Associés. La concession, confirmée par la compagnie, le cinq avril 1639, était de "trente arpans ou environ .... bornés du côté " d'en bas par la Pointe-de-Puiseaux et du côté d'en " hault par la pointe Saint-Joseph, " (2) dans l'anse de Sillery, et de cent arpents au même endroit, sur la falaise. " Pour les arpans au dessus du costeau de l'Ance, " ils sont bornés, par le costé d'en hault tirant au Cap- " P-OUge, par une ligne perpendiculaire, qui commen- " çant vis-à-vis de la pointe Saint-Joseph, et poursui- " vant proche du ruisseau dict despuis Saint-Laurens, " tombe perpendiculairement sur la route de Kébec au " Cap-Rouge : par le costé d'en bas tirant à Kébec, les " dicts cent arpents sont bornés par une ligne qui com- " mençant au costeau de la dicte Ance de Sillery tombe " aussi perpendiculairement sur la même route de Kébec " au Cap-Rouge : par le bout d'en bas tirant au fleuve " Saint-Laurens, ils sont bornés par le dict costeau de " l'Ance de Sillery : et par le bout d'en hault, tirant sur " la dicte route, ils sont bornés par une ligne perpendi- " culaire éloignée de douze toises (3) de la même grande " route de Kébec au Cap-Rouge. "
M. Gand, qui était un homme zélé pour la conversion des sauvages, excellent chrétien, céda volontiers ses droits de propriété en faveur de l'établissement proposé. Céda-t-il d'abord seulement l'anse où s'éleva la
1 François de Ré, nommé toujours M. Gand par la Relation. Voir Bulletin des Rech. liist. 1901, p. 23.
2 Archives du Collège Ste- Marie, Montréal : " Etat des terres de la maison de Sillery " doc. non signé, de la main du P. Druillètes. Bienveillante communication du R. P. Melançon, archiviste.
3 Etat des Terres de la maison de Sillery, déjà cité.
76 première: partie, 1541-1670
mission ? Toujours est-il que, le neuf février 1640, il fit " transport des dicts cent trente arpents aux Pères de " Sillery. ,y C'était sans doute la ratification légale, par main des tabellions royaux, de la cession primitive.
Le généreux commandeur de Sillery avait fait remettre une somme de douze mille livres au P. Charles Lallemant et envoyé une vingtaine d'ouvriers (0 pour commencer les habitations et les défrichements nécessaires, Le P. Le Jeune conduisit son monde au lieu, choisi et l'on se mit a l'oeuvre. La mission fut placée sous le patronage de Saint-Joseph.
On commença, au mois de juillet 1637, (2) à construire une maison. L'abbé Ferland racontant l'origine de la mission de Sillery, dit : " Les ouvriers conduits " sur les lieux, par le P. Le Jeune, bâtirent d'abord une u maison destinée à leur servir de logement, pendant la " durée des travaux. . .Le P. Le Jeune connaissait bien " les sauvages, et savait que le seul moyen de leur faire " apprécier Un bienfait, était de le leur faire désirer ; il
T Le P. de Rochemonteix, op. cit., 1, 248, dit : " Une vingtaine d'ouvriers. "Aussi Ferland, I, 294. — Le texte de la Relation, ch. V, p. 19, dit î " Quelques ouvriers et quelques hommes de travail pour " commencer un bâtiment et défricher quelques terres.
M. Faillort, op* Cit., I, 340, dit que M. de Sillery n'avait assigné un fonds que pour six ouvriers. Il est vrai que, dans la Relation de 1639, le P. Le Jeune dit aux sauvages que, " le capitaine qui avait " commencé la résidence de Saint-Joseph avait donné de quoy entre- " tenir tousiours six ouvriers pour eux, " Ch. I, p. 5. La rente fondée à perpétuité pouvait bien ne pas suffire a plus de six ouvriers. Mais rien n'empêchait M. de Sillery, de son vivant, de faire davantage*
2 " Fada sunt fundamenta domûs die julii tôj/. " Ces paroles se lisent dans le préambule du " Liber baptisatorunt" de Sillery. t( 1690, conserve aux archives de l'archevêché «le Québec. Le quantième n'est pas donné. Ce précieux document nous fournira beaucoup d'utiles renseignements*