‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 62 sur 295 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

une plantation de houblon qui occupait le site de Pancienne bourgade, il ajoute : " Tout près de la planta- 11 tion se trouvent un bâtiment pour la drèche, une bras- " série, et un logis, outre plusieurs dépendances, qui Cl appartiennent à Mr Hullet, propriétaire de la hou- " blonnière ; les deux premiers bâtiments méritent quel- " que respect, en ce que ce sont les vénérables restes " d'une ancienne chapelle et de quelques autres bâtimens, " élevés en 1637 par les Jésuites, pour servir de résidence " à une mission occupée de leur entreprise favorite, " la conversion des naturels du pays au Christianisme : " ces vesliges d'un pieux zèle ont été pour un temps " préservés d'une ruine totale, en ce que depuis quelques " années ils ont été réparés et appropriés à leur usage u actuel. Près de ce terrain la nation des Algonquins " avait un village, et il est assez singulier qu'il reste " encore dans le bois de Sillery quelques-unes des tom- " bes qui appartenaient à leur cimetière, et, ce qui en " outre est plus digne de remarque, c'est qu'on voit u encore passablement bien aujourd'hui les traces de quel- " ques-unes de leurs inscriptions grossières gravées sur " les arbres. Dans un fond un peu à l'ouest de la cri- " que de Sillery, sur une éminence en pente douce pres- " que entièrement couverte à présent d'arbrisseaux et " d'arbustes rampans, sont les restes d'un bâtiment de " pierre, qui formait autrefois l'habitation de quelques " dévotes qui, à l'imitation des Jésuites, consacraient " leur zèle religieux à la conversion et à l'instruction " des femmes sauvages. "

En 1854, d'après le récit d'un témoin oculaire, comme on prenait, au flanc de la pointe Saint-Joseph, de la terre et du gravier pour remplir la jetée construite en

face, un éboulis mit à nu des ossements, des débris de colliers de wampiim et d'autres ornements sauvages, qu'on enfouit au même endroit. (1)

Ce lieu est sacré : ce serait une pieuse pensée que d'y élever une croix dont l'ombre tutélaire garderait, comme autrefois, (2) les cendres de ces pauvres indiens venus là jadis chercher la lumière de l'Evangile sous l'égide de la France chrétienne.

L,e nombre des baptêmes ne fut pas d'abord bien considérable, trente-deux en 1638, cinquante-six en 1639, trente en 1640, (3) tous d'adultes ou d'enfants sauvages. Quelques-uns sont marqués comme faits à Québec. On voit avec admiration que les personnages les plus élevés en dignité, Marguerite de Chauvigny de la Peltrie ; M. de Montmagny, Pierre de Pizeau, Olivier le Tardif, Pierre le Gardeur de Repentigny, Paul de Chomedey de Maisonneuve, etc., ne rougissent pas de tenir sur les fonts du baptême ces pauvres enfants des bois. (4)

1 Nous tenons ces détails d'un vieillard qui demeure sur les lieux, et qui même eut la garde des travaux, en l'absence des ouvriers, lorsqu'en 1869-70, on fit les fouilles sur le site de l'ancienne église et que fut érigé le monument sur la tombe du P. Massé.

M. Ferland, parlant du cimetière sauvage dit : " Là aussi, sur " un terrain sec se trouvait le cimetière, d'où plusieurs corps ont été " retirés, dans le cours de l'été dernier." Brochure citée, p. 26. Si plusieurs corps en ont été retirés, ils ont dû être réinhumés quelque part et la place la plus naturelle était Ste-Foy : nos archives n'en ont pas gardé souvenir.

2 II y en avait une au XVII siècle. Voir la carte de 1688. Il y en avait une aussi près la maison de René Mezeré (Nopce) dont la terre était à huit arpents à l'ouest de la ligne qui sépare Sillery de Gaudarville. — Voirgreffede G. Rageot, un arpentage du 13 oct. 1667.

3 Pour ce dernier chiffre, il faut tenir compte de la lacune signalée plus haut.

4 On trouve encore les noms de Antoine St-Amour, Jean Joly, Pierre Hache, Pierre La Rivière, Jean-Baptiste Caron, Toussaint

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