‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 83 sur 295 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

moins de deux ou trois heures, provisions, ameublements, ustensiles, habits, étoffes, objets nécessaires aux autres missions, et déjà prêts à être expédiés, tout fut réduit en cendre. Les calices et les cloches se fondirent et l'on ne put presque rien sauver. (J) Pour la colonie qui, outre le château Saint-Louis, dont les murailles n'étaient pas achevées, ne comptait qu'un petit nombre de maisons groupées au pied et sur le flanc dn cap, ou disséminées à travers les bois du sommet, (2) c'était une immense perte.

Les Jésuites durent chercher refuge à l'hôpital. Les religieuses se firent une joie de leur offrir l'hospitalité et mirent à leur disposition la salle des malades qui furent installés dans les cabanes de la cour.

La chapelle servait d'église paroissiale. En sorte qu'il ne restait plus aux Hospitalières que la moitié de la maison. (3) Cela n'allait pas sans beaucoup de gêne, de part et d'autre, malgré la charité chrétienne et la mutuelle bienveillance, impuissantes à agrandir le logis. L'établissement de Sillery fut alors décidé, et, pour la bénédiction de la première pierre, on désigna précisément le lendemain de l'arrivée des nouvelles religieuses.

1 Rel., 1640, p. 50.

2 Hist. de V H .-Dieu, par M. l'abbé Casgrain, p. 91.

3 Chroniques de l'H.-Dieu citées par le même auteur, p. 92. Le manuscrit cité dit : " On prit notre chapelle pour servir de

1 ' paroisse Ce qui nous fit prendre la résolution de leur céder la

' ' maison tout entière " Fol . XIV .

La Relation de 1640, p. 50, rapporte que les Jésuites, après avoir séjourné quelque temps dans la salle des pauvres, allèrent occuper une maison prêtée par le gouverneur, ' ' dans laquelle estant logés "Lil fallut changer cette salle des malades en une église."

Il y eut, ce jour-là, une fête mémorable à Sillery. Le site choisi était à petite distance de la chapelle et de la maison des Jésuites, de l'autre côté du cap Saint- Joseph, (x) dans un enfoncement nommé encore aujourd'hui l'Anse du couvent. (2)

Une assemblée nombreuse de Français et de sauvages se pressait en cet endroit, le neuf juillet 1640. Tout Québec d'alors y était réuni. M. de Montmagny, facile à reconnaître à son riche costume militaire, s'y trouvait, entouré d'une garde imposante. Non seulement les Hospitalières, mais les Ursulines assistaient à la bénédiction, avec leur illustre fondatrice, madame de la Peltrie, et leurs élèves sauvages. Outre les Algonquins et les Montagnais chrétiens, tout heureux de posséder dans leur bourgade les Filles Vierges, d'autres indiens infidèles, arrivés depuis peu, debout à l'écart sur la falaise ou sur un mamelon isolé qui s'élève en face, près du fleuve, contemplaient étonnés et immobiles ce spectacle nouveau. Le chant solennel des cantiques et des psaumes s'élevait dans le silence, exécuté par la voix douce des religieuses alternant avec la voix plus grave et plus forte des missionnaires. Le P. Vimont, supérieur des Jésuites, accompagné de plusieurs de ses confrères, récita les prières liturgiques et fit ensuite une courte allocution pour en expliquer le sens et dire tout le bien qu'on attendait du nouvel établissement. Ce discours fut ensuite traduit en sau-

1 Ch. V, Supra, p. 73.

2 Couvent covi\ d'après Ferland, brochure citée, p. 27.— I.e> cartes mettent en ce lieu Union Cave. Connues les criques sont très nombreuses de ce côté, Coni'Ctit CoVC est probablement une subdivision de l 'niait Cove.

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