‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 85 sur 295 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

ralement, qui fut offerte aux Hospitalières et qu'elles vinrent habiter dès la fin d'août, (*) quelques semaines après la bénédiction de la première pierre de leur hôpital.

Cette maison était fort basse et n'avait que trois petites chambres. (2) Une des chambres fut réservée pour les malades, celle du centre convertie en chapelle, et la troisième servit à la fois de cuisine, de dortoir, de réfectoire, de parloir, de salle d'exercices et de récréation. (3) Les religieuses employèrent quelques vieilles pièces de droguet à décorer leur chapelle avec ce bon goût, cette adresse qui sait tirer de rien quelque chose d'utile ou de gracieux. Le chœur fut distingué de la nef et elles y installèrent une petite grille qu'elles avaient apportée de Québec, afin de pouvoir assister à la messe et communier séparées des laïques. Ceux-ci, du reste, furent toujours assez clair-semés. (4)

Le P. Ménard, arrivé récemment, et cher à la communauté par les services qu'il avait rendus pendant la traversée à la mère Sainte-Marie et à ses compagnes, remplaça dans l'automne l'abbé de Saint-Sauveur en qualité de chapelain. (5)

Bien qu'on travaillât activement au monastère et que la charité y mît fortemeut la main, après quatre mois et demi, loin d'être terminé, il offrait à peine un

i. Et non le 3 août. " Nous quittâmes Québec, dit la mère Saint-Ignace, à la fin du mois d'août pour aller demeurer à Pui- " seaux." Manuscrit cité, fol. 14.

2 Hist . de V H .-Dieu, par M. l'abbé Casgrain, 103, et Hist. ma. nuscrite, loc. cit.

3 Ibid.

4 Hist. de l'Hôtel, loc. cit.

5 Ibid. 104.

logement habitable. Cependant le premier décembre, 0) les religieuses voulurent en prendre possession.

Les sauvages furent " tellement épris quand ils sçeurent le jour que les Religieuses devaient venir en leur nouvelle maison, que les principaux d'entre eux montèrent incontinent en leurs canots, pour les aller quérir eux-mesmes. Ils prirent nostre Révérend Père Supérieur, et quelques autres Pères dans leurs petits vaisseaux, et ces bonnes Filles dans un autre, et les rendirent bien-tost où estoient désia leurs souhaits. Si tost que les Sauvages qui estaient restés à Saint-Joseph aperçurent les canots, ils accourent au devant, témoignent des joyes très sensibles, emportent en un instant tout leur petit bagage : c'estait à qui leur rendroit quelque petit service. Dieu sçait quelles estaient les pensées et les affections de ces bonnes Mères, voyans que des Barbares, dont le seul nom fait peur, et le regard épouvante, au commencement, couraient devant elles avec leurs robes faites à la sainct Jean-Baptiste, pour marque de leur bienveillance, plus remplis (2> d'affection et candeur que de politesse ".

Le bâtiment avait été fait à la hâte : les murs humides, les cloisons et les planchers mal joints, les fenêtres mal closes, offraient une bien faible défense contre la rigueur de nos terribles hivers. " Le premier de décembre " dit la Mère Saint-Ignace, (3) nous allâmes loger dans " notre maison, qui, bien loin d'être achevée, était fort

1 Cette date, sur laquelle il y a quelques divergences, est c armée par le texte de la mère Saint-'Ignace cité plus bas. Elle est 'inssi donnée par la Relation de 1641, p. 25.

2 Relation de 164 1 , p. 24, s.

3 Manuscrit cité, fol. XIV.

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