‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 96 sur 295 · CHAPITRE ONZIÈME, 164I · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME, 164I

cession en présence de M. de Montinagny et de Noël Juchereau, sieur des Chastelets, licencié es lois. (x) Voici ce document assez court :

" Sur le différend mû entre le sieur de Puiseaux,, ' demandeur, et monsieur de Maisonneuve, défendeur, 1 faisant pour messieurs de Montréal, apiès avoir vu les 4 demandes du sieur de Puiseaux et les réponses et 1 demandes du dit sieur de Maisonneuve, l'accord et ' traité qu'ils ont fait par ensemble, monsieur le gou- - verneur, assisté de Noël Juchereau sieur des Chastelets, ' licencié es lois, (a) jugé que le sieur de Puiseaux, 1 rentrant en possession de la terre de Saint-Michel et ' de Sainte-Foy, (?) selon le désistement que monsieur 1 de La Dauversière, au nom de messieurs de Montréal, 1 a fait au dit sieur de Puiseaux par accord et traité 1 qu'ils ont fait par ensemble et contre compensation ' faite, (3) le sieur de Puiseaux paiera au sieur de Mai-

r L'abbé Faiilon renvoie à la pièce 6oème d'un in-folio renfermant des documents sur l'histoire du Canada, de 1626 à 1758. Cette pièce est aussi parmi les papiers Faribault, aux arch. du Sém. de Québec.

2 On semble donner ici comme un tout la terre de Saint-Michel et de Sainte-Foy. Cela nous paraît confirmer ce qu'on a dit plus haut : que la seigneurie de Sainte-Foy n'était pas éloignée de la maison St-Michel. Il y avait aussi une maison avec dépendances à Sainte-Foy. Nous en concluons, jusqu'à preuve du contraire, que la seigneurie de Sainte-Foy occupait précisément la partie de la paroisse de même nom, qui avoisine la rivière du Cap-Rouge. Nous serons très heuj reux si quelqu'un peut éclaircir ce point, même en démontrant que nous sommes dans l'erreur.

3 A la marge, de la main de M. de Montmagny et signée de son nom, on lit cette addition, où nous suppléons les mots entre crochets ; " des intérêts et dégradation [qu'a] prétendu es lois [le] sieur de " Puiseaux avoir été fait par MM. de Montréal au lieu de St»Michél, M avec les prétentions des dits sieurs de Montréal, pour le défriche- " ment des terres du dit St-Michel fait à leur frais. "

" sonneuve pour le défrichement des terres de Saint- " Michel la somme de deux cent soixante et dix-sept " livres. Fait et donné à Québec ce dix-neuvième jour " d'octobre mil six cent quarante-six, "

(Signé) C. H. de Montmagny.

M. de Puiseaux repassa en France, probablement à l'automne de 1644 (0 et y mourut vers l'âge de soixante dix-sept ou soixante dix-huit ans. Dans sou testament, fait à la Rochelle le 21 juin 1647, ^ avait donné sa terre de Sainte-Foy pour l'entretien du futur évêque de Québec. Notons ici, pour n'y plus revenir que, en 1733, copie de ce testament fut envoyée, sur leur demande, aux chanoines de Québec, mais malgré bien des recherches, faute de renseignements précis sur le site et l'étendue du fief, toute réclamation fut abandonnée. (2)

On verra plus loin les destinées du fbf S.iint- Michel.

La réduction de Sillery, si l'on s'en rapporte au liber baptisatorwn, était encore en 1641 sous la direction du P. Lé Jeune, aidé par les PP. Joseph Imbert Duperon et René Ménard, qui étudiaient les langues sauvages et par le P. Jean de Brébeuf, le futur martyr. Le P. Dequen, que les catalogues annuels indiquent comme supérieur de la mission, cette année-là et les suivantes, se donne, dans un acte de baptême du vingt et un octobre

i ' Ferland, I, 327, semble dire qu'il y repassa dès 1645. ce qui est inexact.

2 Une note de l'abbé Poulin, plus tard secrétaire du chapitre, fai»

connaître l'inutilité des recherches. — Brochure, loc . cil.

3 D'après les catalogues annuels, 1641.

CAHPITRK ONZIEME, 1641-1942 159

1641, la qualité de ■" recteur de l'église de Québec ": (0 Ce n'est donc qu'après cette date qu'il prit charge de Sillery.

Le vieux registre. ne contient en 1641 que soixante et un baptêmes, dont une quinzaine furent faits à Tadoussac par le P. Le Jeune.

Parmi les nouveaux chrétiens était Sondatsaa, 0) fameux jongleur, fils du capitaine d'Ossosané. Nommé Charles par son parrain, M. de Montmagny, il fut ensuite toujours fidèle à la foi.

En 1642, il y en eut environ une centaine, et la Relation fait remarquer que ce chiffre est inférieur à celui de l'année précédente. (3) Au nombre des néophytes furent deux Hurons instruits par le P. de Brébeuf, et dont M. de Maisonneuve et Mlle Mance, avant de partir pour Montréal, se firent un honneur d'être parrain et marraine. (4)

Les sauvages continuèrent à rivaliser de ferveur.

Une femme étant malade le père la vint voir avec le sieur Giffard, (5) médecin à Québec, qui, après l'avoir

1 Rectoris ecclesiœ Kebecenas . Et encore, ces baptêmes — de trois adultes — furent-ils faits à Québec, dans la chapelle Saint-Joseph

' ehez les mères Ursulines.

2 Le 16 mai, bapt, par le P. Vimont, qui écrit Tiondatsa, Rel.— 1641, p. 20, ss ; — Le P. Rochemonteix, II, 17, ss.

Le P. Vimont fit aussi plusieurs baptêmes à vSillery en 164L

3 Rel. 1642, p. 14. Le liber baptisatorum n'en accuse que cinquante-deux. Mais il faut tenir compte des lacunes déjà signalées.

4 Rel. 1642, p. 22 ; 1643, p. 28 ; Paillon, op. cit. I, 534, etc.

5 Robert Giffard, médecin de la marine, venu à Québec de bonne heure avait, dès 1627, une cabane pour la chasse près de la rivière de Keauport, fut pris par les Anglais en 1628 en revenant au Canada, obtint en 1634, en retour de ses services, la concession de Beauport où il établit une colonie de laboureurs du Perche. — Sa seigneurie fut agrandie en 1653. — Ferland, I, 266, s. et notes.

l6o PREMIERE PARTIE, I541-167O

examinée, lui dit de prendre courage, de ne point s'attrister, qu'elle ne mourrait point. Etonnée, elle dit au missionnaire ; " Cet homme sait-il que je suis baptisée ?- 14 Il le sait bien, dit le père. — Pourquoi, réplique-t-elle, " me dit-il que je prenne courage, et que je ne m'attriste u point, et que je ne mourray pas ? Dieu n'est-il pas 44 mon Père ? est-ce pas îuy qui détermine de ma vie ? 44 pourquoi donc m 'attrister de ce que fera mon père ? 44 Qu'il en fasse comme il voudra, il est le Maistre ; je M suis chrestienne, je ne m'attristeray point ".

Un sauvage assailli par un autre garda le silence et sentant la colère bouillonner dans son cœur : " Tout " beau, se dit-il à lui-même, il vaut mieux perdre ce que 44 l'on me dispute et tout ce que j'ai de vaillant, que de 14 salir mon baptesme. Il s'en alla de ce pas trouver le 11 père qui l'avait baptisé, pour lui demander ce qu'il u ferait à son cœur, qui voulait estre meschant ".

Au témoignage de la mère Saint-Ignace (0 plus de trois cents malades, pauvres et valétudinaires furent assistés et soignés à Sillery, en 1542, et six moururent dans les meilleurs sentiments.

Par les vaisseaux du mois de juillet, était arrivé à l'hôpital de Sillery, une nouvelle recrue, dans la personne d'une jeune fille de noble famille, Mlle Irwin, parente des Stuarts et désireuse de consacrer sa vie ai service des pauvres et des malades. Elle ne s'était pas fait, malheureusement, une idée juste des travaux pénibles et souvent abjects, de la vie crucifiée, qui est Le partage d'une hospitalière. Aussi, dès que la réalitt

1 AY/., 1642, p. 26.

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