‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 95 sur 295 · CHAPITRE ONZIÈME, 1641-1642 I · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME, 1641-1642 I

de Maisonneuve, les laboureurs et les soldats leur rendirent souvent visite avec une joie réciproque. (J) Mlle Mance et Mme de la Peltrie surtout, qui s'étaient liées d'une tendre amitié, comme deux sœurs, aimaient à s'y rendre souvent. Levées avant l'aurore, elles venaient, par le sentier battu à travers la neige sur la grève, entendre la messe matinale du monastère, y passaient une partie de la journée, prenant part aux exercices et aux récréations des religieuses, et si, dans les conversations, la patrie absente, les amis et les parents, laissés là-bas, revenaient parfois, il était bien plus souvent question des moyens de se sanctifier et de travailler plus efficacement à la conversion des sauvages.

Le huit mai 1642 mit fin à ces aimables et pieuses relations. Aussitôt le fleuve libre de glaces, M. de Maisonneuve avait fait descendre de Sainte -Foy les barques construites pendant Phi ver, (2) et, ce jour -là même, toute la petite colonie, montée sur une flottille composée d'une pinasse (3) d'une gabare (4) et de deux chaloupes, partait de l'anse Saint-Michel pour aller fonder Villemarie. M. de Puiseaûx était de l'expédition, ainsi que Mme de la Peltrie désireuse d'établir aussi des Ursulines à Montréal. (5) En attendant les prêtres de la Société

1 Faillon, loc. cit., p. 429 :— M. l'abbé Casgrain, Hist. de THôtel-Dieu, 113, ss.

2 Iôidt 439. -Voir Relat. de 1642, p. 36, s.

3 Bateau à poupe carrée.

4 Bateau à fond plat, pour le chargement des navires.

5 Ce départ était une grande épreuve pour les Ursulines de Québec qui restaient sans ressources. Voir Hist des Ursulines, I, 76, 77- ; Lettre de la mère de l'Incarnation du 27 septembre 1642, I, 156 157. Avec quelle charité, cependant, ne parle-t-elle pas de la fondatrice !

de Saint-Sulpice, qui ne devaient venir qu'en 1657, le père Vimont et quelques autres Jésuites accompagnaient les colons.

Tels furent les commencements d'une grande ville, et tels sont les rapports de l'histoire de Sainte-Foy avec les origines de Montréal. — Les petites gens aiment à faire parade de leurs parentés.

Mme de la Peltrie ne passa que dix-huit mois à Villemarie, et, après avoir reconnu l'impossibilité de réaliser ses desseins, revint, en l'automne 1643, cnez ^es Ursulines de Québec, au milieu desquelles elle finit saintement sa vie. (J)

Pour M. de Puiseaux âgé de soixante dix ans, frappé de paralysie, et, si l'on en croit l'abbé Faillon, atteint dars ses facultés mentales, (2) il revint aussi à Québec, et redemanda, en 1641, les biens qu'il avait donnés à la société de Montréal.

M. de Maisonneuve promit d'abord de lui donner tout ce dont il avait besoin et de le recommander aux associés de France, qui ne manqueraient pas de reconnaître Ses bienfaits. Puis, pour le bien de la paix, il jugea mieux de lui rendre ses biens.

Au mois d'octobre 1646, revenu de France muni du désistement de M. de la Dauversière, il ratifia cette rétro-

1 Hist des l/rsu/ines, I, 82. Elle mourut le 19 nov. 1671 âgée de 68 ans. Ibid. 355-Sa notice tb\d. 347. ss.

2 Hist . de /e Colonie française, II, 56-57. Il était cependant assez sain d'esprit pour faire, le 13 septembre, 1633, par-devant Tronquet, une donation de ses biens, et en 1647, à la Rochelle, un testament par-devant les notaires Vespasien Lefebvre et Jean Michelon. Brochure citée, 14.

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