‹ Notre-dame de ThermidorChapitre 10 sur 29 · LE CONCILE DE6 IDÉES · texte numérisé non relu

LE CONCILE DE6 IDÉES

A la vmx êe la tribnue répond le inu<][is8a»a}t des chii». La forée de la Révolation est désormais ime forée souterraine. Non-seolement l'Assemblée nationale sent fuir sous ses pieds la popularité; mais (Aie doute du lendemain. Son œuvre est terminée; ses pouvoirs ex]Nrent; elle expire avec eux. Dévouement ou împuissanee , olle se déclare efle-méme incapable de se survivre : ses membres ne seront point rééligibles. On a blâmé cette mesure , mais pour la juger il faut se placer au point de vue des évcnemefits. Tous les fondements de rÉtat étaient ébranlés; toutes les réputations étaient atteintes par Timpitoyable critique d'une presse exercée à la •discussion. Disparaître à temps, c'est le secret des bommes d'État. Presque tous sentaient le besoin de se retremper dans le silence, dans la retraite, dans une obscurité nécessaire à leurs desseins.

La monarclHe n'était phis qu'un nom, la noblesse n'était plus qu'un souvenir, l'Assemblée oonstituanle elle-^nême «i^était p\m qu'une ombre.

Il ne restait *^ti France que cette reine dont parle ^scal,fof)iniMi.

C'était à l'opinion. (te gouverner le mouvement.

Quand on l'examine à distance, l'ceuvre de la Constipante parait colossale. Plus ^distinction d'ordres; — ni jurandes , ni oiM-porations , ni professions , ni arts

et métiers ; — tous les citoyens admissibles aux places et aux emplois; — l'égalité de la justice; — les mêmes délits punis des mêmes peines ; — le royaume déclaré un et indivisible ; — le territoire distribué en quatrevingt-trois départements; — l'ordre religieux séparé do l'ordre civil; — le pouvoir législatif dévolu à une assemblée unique : toute l'ancienne France avait disparu en trois années; la France nouvelle était sortie du nuage entremêlé d'éclairs qui voilait encore le front sévère de la Révolution.

L'Assemblée constituante reste et restera dans F histoire moderne comme le symbole de la régénération politique d'un grand peuple. Le génie, la vertu, la parole , tous ces rayons immortels de la Divinité qui traversent le cerveau humain, éclairent cette tribune auguste.

Là, pour la première fois, on vit la raison triompher de l'ignorance.

Elle se couvrit de la liberté contre la liberté même. Elle adoucit les lois , elle connut la pitié , elle jeta dans le monde ce cri de la conscience humaine. Elle eut ses orages, mais il en sortit toujours la lumière. Ses bienfaits ne coûtèrent point une larme à l'humanité. Grande elle-même, elle honora les grands hommes. Elle se souvint des aïeux, du génie, des penseurs qui avaient souffert pour le triomphe de la cause sainte. Aux mânes de Voltaire et de Jean-Jacques Rousseau , elle ouvrit le Panthéon. Elle intéressa le cœur humain au progrès de l'intelligence. Son nom réveille plus qu'un souvenir :

Page 1