‹ Notre-dame de ThermidorChapitre 28 sur 29 · AM APPENDICE · texte numérisé non relu

AM APPENDICE

de vaisseaux. J'ose espérer que les bruits sinistres qui se répandent ne seront pas confirmés. L'amiral Brueys a été tué, ainsi que Ducheyla, et une foule d'autres braves.

Ce n'est pas dans un premier moment que Ton peut porter un jugement sur les causes de ce désastre affligeant pour tout bon Français; il faut au contraire s'empresser de repousser la calomnie, qui ne respecte ni le malheur ni la cendre des morts.

Quant à moi, j'ajoute, j'observe, et ne crois pas qu'il soit sage de prononcer au milieu des passions. IVous partons demain pour le Caire; nous serons les premiers qui annoncerons cette affligeante nouvelle à fiuonaparte,[qui, je l'espère, saura juger sa position et supporter avec courage ce premier revers de la fortune. J'avoue que je ne suis pas aussi tranquille sur l'eflet que^'produira cette nouvelle en France. Déjà je vois les ennemis de Buonaparte, de celui des Directeurs qui est son ami, sortir de leurs retraites et agiter contre eux l'opinion publique.

Les services passés seront oubliés, chacun voudra se donner le mérite d'avoir prévu ce qui est arrivé. Les partis, les factions mal éteintes, se ranimeront, et produiront encore dans notre malheureuse patrie de nouveaux déchiremens.

Quant à moi, ma chère amie, je suis ici, comme tu le sais, bien contre mon gré; ma position devient chaque jour plus désagréable, puisque, séparé de mon pays, de tout ce qui m'est cher, je ne prévois pas le moment où je pourrai m'en rapprocher ; cependant rien ne me fera trahir et ramitié et mes devoirs. Buonaparte éprouve une chance malheureuse, c'est pour moi une raison de plus de m'attacher plus fortement à lui , et d'unir mon sort au sien.

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