‹ Notre-Dame-des-Canadiens et les Canadiens aux Etats-Unis [microforme]Chapitre 22 sur 50 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

L'Ecole de Notre-Dame.—Pic-Nic des enfants.

Sous ce titre, nous voudrions pouvoir annoncer une institution canadienne établie, reposant sur des bases solides, fonctionnant à l'ombre du clocher de Notre-Dame, avec deux départements, celui des garçons et celui des filles, dirigés, le premier par les Frères de la Doctrine Chrétienne, le second par une colonie des Servantes de Dieu en Canada, et où viendraient s'asseoir, tous les jours, en rangs serrés, comme à un banquet, les enfants de nos amis de Worcester.

Nous ne pouvons, pour le moment, que l'espérer, mais nous l'espérons en face des prodiges du passé, et sur les promesses de l'avenir.

Donc, le premier jour du mois de juillet, profitant du temps libre des vacances et de la complaisance de la municipalité scolaire de Worcester—laquelle voulut bien mettre à sa disposition une des écoles publiques—le curé de Notre-Dame établit à une école pour deux mois.

Elle s'ouvrit dans les salles de l’école de la rue Washington, sous la direction de monsieur À. M. KR. Martel, élève de l'Ecole Normale Jacques-Cartier, de Montréal. Il y avait classes du jour pour les enfants et classe du soir pour les adultes. Quand elle commença, l’on trouva à peine quinze enfants qui sussent lire en français. Au bout de deux mois, il y en avait soixante à soixante-dix capables de lire couramment et même d'écrire dans l’idiôme de leurs pères.

Nos jeunes étudiants avaient bien gagné leurs prix. Cependant, voulant faire preuve d'esprit public et de reconnaissance pour Notre-Dame, leur A/ma Mater, ils y renoncèrent au profit de la bibliothèque paroissiale, qui commençait à se former.

En revanche, ils voulurent se donner le luxe d'un pic-nic. Monsieur le curé se chargeait d’une partie des frais, et ils n'eurent pas de peine à recueillir dans la paroisse la balance de $83.00. Tous les préparatifs étant faits, munis d'armes et de provisions, un beau matin, dès l'aurore, après avoir entendu la messe, chanté ardemment : Donnez-nous un beau jour, et promis à saint Joseph, à la vue de nuages menaçants, d'acheter des fleurs pour son autel jusqu'à la valeur de $35.00,—ils s’ache-

minent gaiment vers le lac appelé Long Pond, éloigné de Notre- Dame d'environ un mille et demi. Rien de plus animé, rien de plus bruyant que la petite troupe, sur les bords gracieux du lac, au jeu, à la pêche, à la chasse, à table. Mais un point manquait pourtant, bien qu'ils n’y songeassent pas, aux plaisirs de la Journée : quelqu'agréable surprise ; le charme de l'imprévu. On y avait songé pour eux. Vers le milieu de l'après-midi, un joli bateau-à-vapeur aborde au rivage, leur offre passage et les promène tout autour du lac.

La plupart de nos jeunes amis faisaient là leur première expérience de la mer. Puisse le tableau enchanté qui se déroula en ce moment sous leurs yeux rester l'image fidèle de toute leur vie !

L'école de Notre-Dame a ouvert un sillon qu’un avenir prochain creusera plus profond et plus large. Elle a du reste laissé un souvenir : le portrait photographique de tous ses enfants, groupés avec leur maitre autour de leur curé, devant l'église de Notre-Dame.

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