‹ Notre-Dame-des-Canadiens et les Canadiens aux Etats-Unis [microforme]Chapitre 39 sur 50 · DEO, ET PATRIÆ, À. DIEU ET A LA PATRIE · texte numérisé non relu

DEO, ET PATRIÆ, À. DIEU ET A LA PATRIE

Tel en est, en effet, le but :—la foi, d’abord, qu’il s'agit de garder ferme et vive, de professer publiquement ; puis la Nationalité, avec sa langue et ses glorieuses traditions.

La foi et le patriotisme demandent des œuvres. Il est remarquable que nos compatriotes des Etats-Unis ont mieux compris cette vérité que leurs frères du pays. Au lieu de viser uniquement à un vain éclat, à l'étalage, aux processions, aux paroles, ils ont dit : moins de parade et plus d'action. Il est vrai que le champ des bonnes œuvres est vaste devant eux ; mais peut-on dire qu’il a manqué aux sociétés nationales des grandes villes du Canada ?—Nous ne le pensons pas. Aujourd’hui encore, il doit s'étendre au moins autant que le sol inoccupé, s'ouvrir de plus en plus, au moins en proportion de l’espace . que l'exil volontaire laisse vide tous les jours.

La foi et le patriotisme préfèrent à toutes les autres, les œuvres de bienfaisance. Aussi les Sociétés Saint-Jean-Baptiste des Etats-Unis sont-elles toutes de bienfaisance. Elles veulent porter secours à leurs membres dans la maladie, ou s'ils sont morts aux veuves et aux orphelins qu'ils ont laissés. (C'est à cela que sont consacrés tous les fonds de la Société, formés au moyen des prix d'entrée de chaque membre $2.00 ; des contributions, mensuelles, $0.50 par mois, payables d'avance ; d’amendes, etc.

Quant aux bannières, drapeaux, etc., aux dépenses nécessaires, les membres se réservent d'y pourvoir, au moyen de souscriptions ertra, sans toucher au fonds ordinaire de la Société.

Voici comment la Société Saint-Jean-Baptiste de Notre-Dame a prouvé sa libéralité :—

En 1860, elle a consacré en bienfaits. . . ... $442.00. En 1870, do do me 000) SO, En 1871, do do bare 13400:

En 1872, jusqu'au premier de mai ....... 096.00. Pour subvenir aux frais de sépulture, elle a dépenbés 10,6 dev id HO GANG 12 PFO9IOG Voilà donc, en trois ans. : ............ 1224.00,

Elle a aujourd'hui en banque, destinés au soulagement des prochaines misères, ou pour pourvoir aux besoins qui se présen- DOS on ve PTE te DA AR TR TE Me vie » vs :: 900:00: Son mobilier vaut à peu près . ,..,.,,.... 1000.00.

Là-dessus, une bannière a coûté $250.00, en or : deux drapeaux, $100.00.

En 1868, alors que les jeunes cités ou villages qui entourent Worcester n'avaient pas encore leurs sociétés à elles, la Société de Worcester a compté jusqu’à 350 membres ; elle en compte aujourd’hui 150. (*)

La fête la plus solennelle dont se souvienne la Société Saint- Jean-Baptiste est celle de l’année 1869. Ce jour-là, la Société de Springfield et celle de St. Hyacinthe de Worcester, s'étaient unies à leur Sœur ainée; on déployait pour la première fois bannière et drapeaux neufs.

Il y eut messe solennelle à Sainte-Anne. M. J. J. Power, curé, officiait, et M. À. M. Barret fit le sermon. Grande procession par les principales rues de la ville, splendide diner à la. Salle des Arts, discours, musique, chansons, et surtout fraternité franche, le guèm bonum et quèm jucundum, enthousiasme, véritable explosion de vie nationale.

Cette année-là, le président de la Société était monsieur Joseph Marchessault, et le commissaire-ordonnateur, M. F. X. Lamarine.

Naturellement, le curé de la paroisse, le Rév. M. J.B. Primeau, est le chapelain et membre honoraire de la Société.

L’entente est parfaite. Le chapelain, non-seulement dirige la Société en matière religieuse tout comme il dirige le plus humble fidèle de la paroisse, mais son influence s'étend heureusement sur tout ce qui en intéresse les moindres actions.

Notre-Dame a adopté la Société Saint-Jean-Baztiste. Elle l’aime et la traite comme son enfant ; Elle a pour elle des faveurs.

Nous voudrions qu’il en fût ainsi partout où est l’église, et où se forme une Société Saint-Jean-Baptiste. Nous ne voyons pas, du moins, pourquoi il en serait autrement.

Le 8 avril dernier, quand nous eûmes le plaisir de rencontrer la Société Saint-Jean-Baptiste de Notre-Dame et de faire une lecture sous son patronage, nous étions doublement heureux : heureux de la voir d’abord, puis heureux surtout que la ren-

(*) Il est juste de mentionner ici les noms des premiers officiers de cette généreuse Association. Les voici :

MM. Dr. F Fredette, Président, Joseph Marchessault, Vice-Président.

P A. Lemay, Secrétaire Azchiviste.

A B LeBlanc, Secrétaire-Correspondant.

P. Langlois, Secrétaire-Trésorier.

Page 1